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– Manif. pour tous … suite

 20130409
From: P. Hervé PEYRELONGUE
Subject: A voir et à transmettre
20130405

Le « Gender pour tous » et les droits des parents.

Par Gregory Puppinck, docteur en droit, président du Centre Européen pour la Loi et la Justice.

http://www.zenit.org/fr/articles/le-gender-pour-tous-et-les-droits-des-parents
20130405 – Conférence à la fin du mois

Le Pôle Missionnaire de Coulommiers

vous invite

à une conférence-débat sur

les lois à venir sur le mariage et la famille

avec

Michel BEGNY

psychiatre-psychanalyste

le vendredi 26 avril 2013

à partir de 20h30

dans les salles paroissiales

derrière l’église Notre-Dame-de-Toute-Joie

à Coulommiers

Après avoir rappelé l’importance de la famille père-mère-enfant pour l’équilibre de la personne humaine, nous nous efforcerons de comprendre le lien qui existe entre les théories du gender et du queer et les lois à venir sur le mariage et la famille. Puis nous réfléchirons à la manière d’agir face à ce qui apparaît de plus en plus comme une dérive totalitaire de nos sociétés occidentales.

Vers un système totalitaire ?

L’immense manifestation qui s’est déroulée le dimanche après-midi 24 mars a remis le débat sur les lois à venir sur le mariage et la famille sur le devant de la scène médiatique. La loi sur le mariage est maintenant discutée au Sénat depuis le 4 avril.

Au fur et à mesure du déroulement des événements et des prises de paroles liés à ces projets de lois, j’en suis venu à me poser de sérieuses questions sur les fondements idéologiques de ces lois. J’ai donc cherché à m’informer, à comprendre, à analyser ce qui sous-tend les lois à venir sur le mariage et la famille et je me sens obligé en conscience, aujourd’hui, à vous faire part de ma plus vive inquiétude.

 Je me demande très sérieusement si nous ne sommes pas en train d’assister (impuissants ?) à la naissance d’un nouveau système idéologique totalitaire fondé sur la théorie du gender et du queer, elle-même s’appuyant sur la toute puissance de la science et de l’argent ainsi que sur la volonté d’ultime autonomie de l’homme par rapport à toute forme de transcendance.

 Au bout de plusieurs mois de débats, de procédures, de colloques, de conférences, de manifestations, d’interviews, de blogs qui traversent la vie de notre pays sur ces sujets, je constate avec effarement que les ingrédients (hélas trop connus dans l’Europe du XXème siècle) d’un système idéologique totalitaire semblent apparaître derrière le masque de la démocratie. Ces ingrédients, les voici :

La pensée unique imposée à tous:

A travers la loi sur le mariage, c’est une conception unique de la sexualité qui va être imposée à tous les français. En modifiant la définition actuelle du mariage, la loi s’engage sur un terrain qui n’est pas le sien : la loi va définir ce qu’est la sexualité humaine, ce qui est normalement du domaine de la vie privée et de la liberté de conscience de chacun. Et pourquoi veut-on utiliser ainsi la loi ? Pour institutionnaliser la théorie du gender et celle du queer, en définissant, entre autre, qu’un duo de deux hommes ou de deux femmes est identique à un couple constitué d’un homme et d’une femme. On va donc imposer à l’ensemble des français une idée de la sexualité qui provient d’une théorie inventée outre-atlantique prétendant redéfinir totalement la sexualité humaine en niant la réalité : « la différence des sexes est une dictature puisqu’elle est imposée par la nature. Pour être libre, l’individu doit pouvoir se choisir. Son droit le plus fondamental est « le droit d’être moi », de se choisir en permanence alors que la nature impose d’être un homme ou une femme. » peut-on lire à propos du queer (1) .

Pour la théorie du gender, cela peut aller jusqu’à repenser l’organisation sociale selon des modèles homosexuels ou transsexuels. On comprend alors ce qui se cache derrière les lois à venir sur le mariage et la famille mais aussi dans la loi sur l’école de Vincent Peillon : voir ci-dessous : le contrôle des consciences.

La loi est une norme que se donne la société. Elle doit être respectée par tous. Elle assure la cohésion de la société: c’est son rôle. Ainsi toute personne qui osera s’opposer à cette conception unique de la sexualité redéfinie par les lois à venir et par celle sur l’école, pour des raisons d’opinion personnelle et de liberté de conscience, sera hors la loi ; elle pourra donc être punie par la loi. C’est la mise en place d’une idée toute-puissante, érigée en principe intouchable et incontestable : c’est une idéologie totalitaire.

Le contrôle des consciences:

Le 3 février 2013, à l’Assemblée Nationale, au moment du débat parlementaire sur le « mariage pour tous », la Garde des Sceaux Christiane Taubira précisait à propos de l’enseignement dispensé dans les écoles: « cette éducation fabrique des citoyens, elle les arrache par le savoir, par la connaissance et par l’esprit critique aux déterminismes des origines, au déterminisme de la religion, au déterminisme de la condition sociale et économique. » Dès le plus jeune âge, il est donc prévu par nos gouvernants de former la conscience des citoyens en matière de sexualité, dans le sens de la théorie du gender et de celle du queer. Le gouvernement l’a expliqué : la nouvelle définition du mariage sera enseignée à l’école, dès la grande section de maternelle, car « c’est là que se créent les stéréotypes«  comme l’a dit Mme Najat Vallaud-Belkacem.

Mardi 19 mars 2013, l’Assemblée Nationale a adopté, en première lecture, la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République. Le texte initial a été modifié afin d’y introduire l’enseignement de la théorie du genre. L’article 31 de cette loi qui définit les missions de l’école élémentaire a ainsi été amendé dans ce sens.

C’est donc à tous les enfants que sera enseigné le fait que leurs parents peuvent être, au choix, un homme et une femme, ou deux femmes, ou deux hommes. C’est la notion même de filiation qui sera bouleversée dans le psychisme des enfants. On enlèvera donc aux parents la liberté et le contrôle de l’éducation sexuelle de leurs enfants, et ça, c’est très grave.

J’ai appris également, lundi dernier, qu’une élève en classe de Première s’était vu imposer comme sujet de devoir de SVT (4) un exposé sur les possibilités qu’offre la science aux hommes (aux êtres humains de sexe masculin) de porter des enfants dans leur ventre ! C’est l’utilisation de l’école pour formater la conscience des jeunes citoyens et pour leur démontrer la toute puissance de la science : voir ci-dessous.

En 2011, en Allemagne, Irene Wiens, habitante de Salzkotten, a été condamnée à 43 jours d’incarcération pour avoir refusé d’inscrire ses enfants au programme d’éducation sexuelle prévu dans leur école. Vous lisez bien : cette maman de quatre enfants a été condamnée à 43 jours de prison ferme ! (6) Gregor Puppinck, docteur en droit, explique : « Les parents seront en conflit avec l’école (…) En Allemagne des parents ont été condamnés à faire de la prison. Ils ont porté recours devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme en invoquant le droit d’éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions morales, philosophiques et religieuses. Mais la Cour, ici à Strasbourg, a considéré que le fait de forcer les enfants à suivre ces cours était justifié et nécessaire et que la peine de prison était proportionnée à cette nécessité, parce que, je cite la Cour : « elle vise à éviter la formation de sociétés parallèles au sein de la société allemande, sociétés fondées sur la religion, ou les convictions ou l’idéologie ».Et Gregor Puppinck de conclure :  « C’est finalement au nom d’une conception totale, d’un point de vue idéologique ou totalitaire, d’un point de vue de la société, que ces parents ont été condamnés et que la Cour Européenne a considéré ces condamnations comme justifiées et proportionnées. » A quand la même chose en France, si des parents refusent que leur enfant soient endoctrinés à l’école, qui leur inculquera les principes de la théorie du genre ? (5)

 La volonté de toute puissance :

Dans le contexte de la création de ces lois, on assiste à l’émergence d’une volonté de toute-puissance qui passe par le pouvoir de la science et par la loi. J’en veux pour preuve les propos tenus par le sénateur Jean-Pierre Michel, rapporteur du projet de loi Taubira, « le fondement du juste est le rapport de forces« . C’est en tout cas ce qu’il a résumé, à court d’argument, lors d’une des auditions au Sénat, après avoir précisé « ce qui est juste, c’est ce que dit la loi, c’est tout ! Et la loi, elle ne se réfère pas à un ordre naturel, elle se réfère à un rapport de force à un moment donné. » Curieuse conception de la loi pour un ancien magistrat. Et le sénateur de la République Française d’ajouter: « c’est le point de vue marxiste de la loi. Un point c’est tout. » (2) Tenir de tels propos c’est justifier les dictatures, l’oppression des plus faibles, mais aussi les pires abus, les solutions extrêmes pour ne pas dire ultimes du siècle dernier. Par ailleurs, ce même sénateur défend l’idée que la science est capable de fabriquer des êtres humains par ses propres moyens. Il déclare en effet : « La maternité est aujourd’hui déjà détachée de l’accouchement, puisque la GPA existe, même si elle est interdite en France. Elle est autorisée dans des pays non exotiques, comme la Belgique ou la Grande-Bretagne…Les grossesses ex utero ne seront plus demain une fiction… dans une poche, une couveuse…» (2) .Parler ainsi, c’est considérer que absolument tout est possible par la science qui apparaît alors dans une toute puissance que rien ni personne ne peut ni ne doit arrêter. C’est faire de la science le but et le moyen ultimes de l’existence humaine : c’est l’idolâtrie de la science. Et la toute puissance de la science sera servie par la toute puissance de l’argent : nous allons vers la marchandisation du corps humain.

 La propagande :

L’univocité des médias sur ces lois à venir n’a échappé à personne et les cas de débats et de présentations objectives, tenant vraiment compte des avis de tous, sont assez rares à la télé ou à la radio. Lorsque les opposants à ces lois ont été invités à s’exprimer, il est saisissant de voir comment ils ont été traité souvent avec désinvolture ou avec mépris . Il est également très choquant de voir comment les manifestations du 13 janvier et du 24 mars ont été présentées par la plupart des médias d’une manière souvent fausse, non respectueuse de la réalité des faits : tout cela ressemble à un mensonge organisé. Il est donc nécessaire de se demander dans quelle mesure les émissions de télé et de radio, les sondages sont sous l’emprise de lobbys, de groupes influents et financièrement puissants qui mènent une campagne de propagande pour faire taire les opposants.

L’interdiction de s’exprimer et de se réunir librement :

Nous n’en sommes pas encore là, mais le mépris avec lequel ont été traité le million de manifestants du 13 janvier et les 1,4 million de manifestants du 24 mars par ceux qui nous gouvernent, (« une poignée de personnes » disait M. Montebourg, le soir du 24/03), le refus surprenant du Conseil Économique Social et Environnemental face à la pétition citoyenne ayant réuni 700 000 signatures, la volonté de vouloir entraver la manifestation du 24 mars avec l’interdiction de manifester sur les Champs Élysée, l’agression par les forces de l’ordre de manifestants pacifiques, enfants, femmes, personnes âgées, le mépris avec lequel nos gouvernants ont encore traité cette gigantesque manifestation sont autant de signes que la liberté de s’exprimer et de se réunir est en danger.

Et pourtant, le grand philosophe chrétien, Paul Ricoeur, affirme que « est démocratique, une société qui se reconnaît divisée, c’est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêt et qui se fixe comme modalité , d’associer à part égales, chaque citoyen dans l’expression de ces contradictions, l’analyse de ces contradictions et la mise en délibération de ces contradictions, en vue d’arriver à un arbitrage»

 Objection de conscience.

« Les grandes conquêtes de l’époque moderne, c’est-à-dire la reconnaissance et la garantie de la liberté de conscience, des droits humains, de la liberté de la science et donc d’une société libre, sont à confirmer et à développer en maintenant cependant la rationalité et la liberté ouvertes à leur fondement transcendant, pour éviter que ces conquêtes s’auto-annulent, comme nous devons malheureusement le constater en de nombreux cas. La qualité de la vie sociale et civile, la qualité de la démocratie dépendent en bonne partie de ce point «critique» qu’est la conscience, de la façon dont on l’entend et de tout ce qui est investi pour sa formation. Si la conscience, selon la pensée moderne prédominante, est réduite au domaine du subjectif, où sont reléguées la religion et la morale, la crise de l’Occident n’a pas de remède et l’Europe est destinée à la régression. Si au contraire la conscience est redécouverte comme lieu de l’écoute de la vérité et du bien, lieu de la responsabilité devant Dieu et devant les frères en humanité – qui est la force contre toute dictature – alors il y a de l’espérance pour l’avenir. » Benoît XVI (7) 

Face ce risque important de dérive totalitaire, je me sens obligé d’utiliser mon droit à l’objection de conscience. Je refuse que mon pays prenne ce tournant de la dictature du gender et du queer, de la science et de l’argent sur l’être humain. Ce n’est pas ma conception de la société, ni de l’être humain, ni de la vie. Comme chrétien, je ne vois pas d’autres moyens de répondre à ce risque fort de totalitarisme naissant qu’en m’y opposant, en interpellant la conscience de mes concitoyens et en les appelant à la résistance non violente. Et je veux ici apporter mon témoignage sur la manifestation du 24 mars :

 Le dimanche après-midi, je suis arrivé à 16h30 à l’Arche de la Défense et je suis descendu à pied jusqu’à l’Arc de Triomphe. De la Seine à l’Arc de Triomphe, c’était noir de monde. Je pense que nous étions au moins un million de personnes, à partir de ce que je connais des grands rassemblements auxquels j’ai déjà participé, comme les JMJ.

Après la fin officielle de la manif à 18h00, j’ai suivi le flot des personnes qui contournait les barrages de police dans les rues adjacentes à la place de l’Étoile et un peu plus bas que la place de l’Étoile, de l’autre côté, je suis arrivé sur l’avenue des Champs Élysée déjà envahie par des milliers de personnes qui descendaient cette avenue. L’entrée sur cette avenue était libre. Je suis arrivé tranquillement au rond-point des Champs Élysées où il y avait un barrage de police. A cet endroit, j’ai parlé avec un homme d’une soixantaine d’année qui m’a dit, sans que je n’y fasse allusion auparavant : « Nous sommes face à un totalitarisme. Il faut résister. » Nous sommes resté là quelques instants à regarder ce barrage de police et à écouter les slogans repris par quelques dizaines de personnes. J’étais accompagné de trois autres personnes. De là, nous avons regagné le métro St-Philippe du Roule pour aller prendre le train à la gare de l’Est. Il était 19h00 quand nous avons quitté les Champs Elysées. De cette marche sur les Champs Élysée de dizaine de milliers de personnes, les médias ont peu et mal parlé. Je peux dire que les gens étaient pour l’ensemble très calmes mais vraiment déterminés et je pense qu’ils sont prêts à revenir manifester encore plus nombreux.

Beaucoup de chrétiens ont été en première ligne dans la lutte contre les totalitarismes européens du XXème siècle. Ils en ont été aussi parmi les premières victimes. Le Pape François ne nous a-t-il pas rappelé que la foi en Jésus-Christ passe par l’acceptation de la Croix ? « Quand nous marchons sans la Croix, quand nous édifions sans la Croix et quand nous confessons un Christ sans Croix, nous ne sommes pas disciples du Seigneur : nous sommes mondains, nous sommes des Évêques, des Prêtres, des Cardinaux, des Papes, mais pas des disciples du Seigneur. » (3)

J’invite tous ceux qui sont allés manifester à Paris le 24 mars dernier et tous ceux qui se sentent concernés par ces événements et qui veulent s’informer et réagir, à une réunion le vendredi 26 avril, à 20h30, dans les salles paroissiales de Notre-Dame-De-Toute-Joie (36 rue Pierre Curie à Coulommiers) pour débattre ensemble, nous informer et réfléchir à ce qui est en train de se passer dans notre pays. M. Michel Bégny, médecin psychiatre psychanalyste chrétien nous accompagnera dans notre réflexion.

Nous aborderons ces thèmes :

Les fondamentaux de la famille.

Qu’est-ce-que la théorie du gender et celle du queer ?

En quoi ces théories sont-elles étroitement en lien avec les lois à venir sur le mariage et la famille ?

Comment agir pour résister à ce qui ressemble de plus en plus à une dérive idéologique totalitaire de nos sociétés occidentales ?

Dieu dit par le prophète Isaïe : « J’ai dit : « Me voici, me voici » à une nation qui n’invoquait pas mon nom. J’ai tendu mes mains, à longueur de jour, vers un peuple rebelle, vers ceux qui suivent le chemin qui n’est pas bon, qui sont à la remorque de leurs propres pensées. C’est un peuple qui me vexe, en face, sans arrêt. » (Is 65, 1b-3a)

 

17 novembre 2012 – 7 avril 2013

 P. Philippe Mazur

Notes :

1- programme de la première « queer week », à l’Institut d’Études Politiques de Paris, en 2010.

2- voir la chaîne « public sénat » sur dailymotion, 14 février 2013.

3- Homélie aux cardinaux, 14/03/2013

4- SVT : Sciences de la Vie et de la Terre : appellation actuelle des cours de biologie

5- voir la vidéo de Gregor Puppinck sur youtube : http://www.youtube.com/watch?v=50KG3sDV7yY

6- voir sur le site Zenit, du 9 mars 2011, l’article : « Allemagne : Parents condamnés pour avoir refusé des cours d’éducation sexuelle. » : http://www.zenit.org/fr/articles/allemagne-parents-condamnes-

7- Benoît XVI, Rencontre avec les représentants de la société civile, du monde politique, académique, culturel et de l’entreprise, avec le corps diplomatique et les chefs religieux ; discours à Zagreb, le 4 juin 2011

20130405 – Conférence

L’équipe « Regard Chrétien sur l’Actualité  » du Pôle de Provins vous convie à une conférence de Tony Anatrella, prêtre et psychanalyste sur « La famille… d’hier à demain ». Cette conférence se tiendra à la salle haute de l’hôtel-Dieu rue d’enfer le vendredi 5 avril de 20h15 à 22h30.

P. Philippe Mazur.

20130401

Nous gagnerons par la paix

Par Tugdual Derville

Porte-parole de la manif pour tous et délégué général d’Alliance VITA, Tugdual Derville commente le risque de radicalisation d’une opposition à la loi Taubira exaspérée par l’obstination du gouvernement. Propos recueillis par Frédéric Aimard.

Comment pensez-vous que le pouvoir considère le mouvement de résistance à la loi Taubira ?

Il ne dispose visiblement pas du logiciel permettant de nous comprendre. Est-ce de l’ignorance ? De l’entêtement ? Du mépris ? Le ministre Arnaud Montebourg a osé parler d’une « poignée d’individus ». D’autres ont moqué « une manif de Marie-Chantal », déni quasi-raciste de la réalité d’un mouvement qui s’ancre chaque jour davantage dans la diversité.
Nous sentons le pouvoir en place singulièrement coupé de cette réalité. Est-ce parce que notre mouvement de résistance n’est pas fondé sur la défense d’intérêts catégoriels, mais porté par des convictions altruistes universelles ? L’exécutif en paraît sidéré. Il voulait nous décourager en minimisant par avance notre nombre (la veille du 24 mars, les services du ministère de l’Intérieur annonçaient 100 000 personnes, ce qui aurait été vu comme un baroud d’honneur)… Et voilà que nos rangs ont encore grossi. La presse internationale le reconnaît. Des éditorialistes ont commencé à mettre en garde le gouvernement, à l’image de Philippe Labro qui a lancé : « Attention, le mois de mai n’est pas très loin. » Et c’est vrai qu’une manifestation encore plus grande est possible.

Mais pensez-vous, après les quelques échauffourées du 24 mars aux Champs-Élysées, que tout cela va se terminer sur des barricades ?

Ce n’est pas ce que nous souhaitons et c’est toujours à redouter. Il me semble que le pourrissement serait une aubaine pour le gouvernement. C’est à se demander si la stratégie du ministère de l’Intérieur n’a pas été en ce sens, quand on découvre la facilité avec laquelle une partie de foule a pu se rendre — le plus souvent innocemment — sur les Champs-Élysées : un simple cordon de police s’est effacé devant la pression de quelques dizaines de manifestants. Plus tard la foule enfermée a été dégagée sans sommation par des jets de gel lacrymogène à bout portant. Certains observateurs ne sont pas dupes de ces abus, mais ces échauffourées sont à double tranchant : les téléspectateurs qui n’ont pas participé au 24 mars et ne sont pas impliqués sur les réseaux sociaux risquent de ne garder de notre immense rassemblement pacifique qu’une image de la violence vue à la télévision. Peu importe à leurs yeux qu’elle vienne de quelques groupuscules (que nous avions signalés à la police) ou de forces de l’ordre débordées. Ces images ternissent l’image sympathique et bon enfant de nos rassemblements…
Quand j’ai remonté l’avenue de la Grande-Armée aux côtés de Frigide Barjot, j’ai bien mesuré le degré d’attente et d’exaspération de la foule. Nous lui avons toujours donné des messages d’apaisement, les enjoignant sur le podium à rester dans la zone autorisée. Je pense que le rejet par le CESE, sur le conseil du Premier ministre, de la pétition attestée de 730 000 personnes a été une lourde faute politique. On a tué dans l’œuf la démocratie participative… Mais quelle extraordinaire réponse que cette foule du 24 mars, remplissant un espace immense, de l’Arche de la Fraternité à l’Arc de Triomphe, mais aussi les grandes avenues adjacentes ! Le Préfet de police n’avait même pas imaginé devoir les rendre disponibles lors des négociations avec la Manif pour tous… C’est d’ailleurs sur l’une de ces avenues que les forces de l’ordre ont commencé à diffuser du gaz lacrymogène, sur les premiers rangs d’une foule dense qui se pressait sur des barrières. Il aurait suffi d’une phrase sur le podium « Aux Champs-Élysées ! » pour que tous y affluent…

Cette phrase que beaucoup attendaient, pourquoi les organisateurs ne l’ont-ils pas prononcée ?

Nous aurions porté une très lourde responsabilité, et je ne pense pas d’abord à la responsabilité juridique. Il y aurait peut-être eu des victimes, par bousculade et piétinement, comme on en a vu dans des stades de football ou certains rassemblements immenses. Une foule doit avoir des leaders paisibles. L’ordre public est une question grave. Le pouvoir en place avait le droit de nous refuser les Champs-Élysées, comme nous avions le droit de les lui demander. Même si nous nous sentons bâillonnés — et que nous ne lâcherons pas sur le sujet qui nous tient à cœur — nous jouissons de la liberté de manifester, de nous exprimer dans les médias, de débattre.
Et heureusement que les forces de l’ordre sont aussi là pour nous protéger contre certains débordements. Ce n’est pas parce qu’une cause est juste que tout est permis. Souvenons- nous des excès de la théologie de la libération… Prenons plutôt exemple sur les mouvements paisibles qui ont changé le monde.

Est-ce à dire que vous récusez la comparaison avec le printemps arabe et la place Tahrir du Caire ?

Personne ne peut tenir pareille comparaison. Car il nous faut bien distinguer ce qui relève d’un régime totalitaire où les opposants sont mis en prison, où il n’existe pas de liberté de la presse ou d’expression, et notre démocratie, certes imparfaite, mais où nous ne risquons ni notre vie, ni notre liberté quand nous nous opposons. Ceux qui veulent éteindre notre mouvement ont tout intérêt à le faire apparaître comme une menace sérieuse à l’ordre public, car ils savent que la majorité des Français considéreront que le pouvoir en place doit le réprimer et le contenir. C’est un piège au moment où nous sommes en passe de rallier la grande majorité des Français, par un extraordinaire travail d’explication sur le terrain qui fait grossir notre mouvement.
Mon ambition est au­jourd’hui immense, car ce mouvement est en train de faire naître une espérance nouvelle pour notre pays. La Manif pour tous n’a jamais eu pour but, ni de faire tomber le gouvernement, ni de se jeter dans les bras de l’opposition…
Quand je dis que la non-violence intérieure est une arme de construction massive de la paix sociale, ce n’est pas une idée à l’eau de rose, c’est une conviction profonde. Je l’expérimente dans les débats quand je regarde avec bienveillance nos adversaires, jusqu’à chercher ce qui est juste et vrai dans ce qu’ils disent.
Je suis prêt à aider Jean-Luc Romero quand il se bat pour que les trithérapies soient disponibles en Afrique, un continent abandonné par le Nord. Je le lui ai dit, et il m’en a remercié publiquement. Voilà un beau sujet d’écologie humaine… S’ils sentent que nous portons une réponse qui ouvre une espérance, les Français ne s’y tromperont pas…
En défendant le repère anthropologique précieux de l’altérité sexuelle dans l’engendrement, nous répondons à la quête de la liberté véritable. C’est un souffle nouveau pour notre société qui a longtemps été abusée par le mirage libéral-libertaire. Je veux donc redire à tous ceux que guette l’exaspération : nous ne gagnerons que par la paix !

20130327 – témoignages transmis par P. Philippe MAZUR (Coulommiers)

La vérité sur le 24 mars.

Dans sa réponse aux députés à l’Assemblée Nationale ce mardi 26 mars 2013, M. Valls a sciemment dissimulé la vérité pour se couvrir et couvrir ses subordonnés : en effet, les témoignages que j’ai recueilli ici et qui circulent par dizaine sur internet l’accablent. Par ailleurs, le silence de la télé et de la radio sur ces faits est extrêmement troublant; ce qui m’amène à me poser cette question : pour qui et pour quoi ces médias travaillent-ils ?
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«  J’étais sur les Champs de 17h15 à 20h15
. A 17h00, un CRS en haut de l’avenue Marceau m’a indiqué que l’accès aux Champs était libre, par les rues latérales, ce qui était vrai (via la rue Galilée, la rue de Bassano ou l’av Georges V). A 17h15, j’arrivais sur les Champs, les CRS bloquaient l’accès haut vers l’Etoile, et fermaient le bas, empêchant la communication avec le rond point des Champs (av Montaigne). Il n’y a aucune agressivité. A 18h30, j’ai essayé d’estimer le nombre de personnes présentes : environ 40.000. A 19h45, en bas des Champs, j’ai demandé à un Commandant de CRS comment cela va finir. Il m’a dit que la manif était autorisée (sic !!!) jusqu’à 20h00 et pas après; il m’a précisé qu’ils donneraient par haut parleurs l’ordre de dispersion. A 19h55, les CRS ont parlé avec les 5 ou 6 journalistes présents.

A 20h00 et 1 seconde, sans aucune sommation ni par haut parleur, ni verbalement en direct, les CRS ont gazé les 2.000 personnes encore présentes, qui ne menaçaient rien du tout, dont les premiers étaient assis paisiblement.

C’est une manipulation de Manuel Valls pour que les média aient des images de violence qu’ils ont mis à la une. Il y a donc eu un piège tendu, il y a donc eu préméditation par le Ministre de l’Intérieur pour gazer des Français inoffensifs, pour donner une image de chaos. »

 


Maître
Françoise Besson, avocate au barreau de Paris, témoigne :

« J’ai participé à la manifestation d’hier, en portant ma robe d’avocat. N’ayant pu rejoindre le groupe des juristes, au début de la manif, ne pouvant accéder à l’avenue de la Grande Armée, totalement saturée, j’ai tenté de rejoindre l’avenue Foch par l’avenue Victor Hugo mais un barrage bloquait l’accès tant en direction de l’ Etoile qu’à la rue de Traktir.

Alors que la foule devenait plus dense et demandait à rejoindre l’avenue Foch, ses premiers rangs (j’étais au 1er rang en train de discuter avec un gendarme) ont fait l’objet de projections de gaz lacrymogène, des pères de famille ont été molestés par certains gendarmes, et emmenés vers des camions en dépit de mes protestations courtoises mais fermes et des effets des gaz.

L’accès à l’avenue Foch a finalement été autorisé. J’ai tenté d’accéder à l’avenue de la Grande Armée par la rue Rude, et après plusieurs essais infructueux, y suis parvenue. La foule était si dense qu’une ouverture étroite avait sans doute été autorisée pour accéder à la Place de l’Etoile, quasiment vide vers 15h environ. La place s’est remplie peu à peu sans jamais être comble, le gros de la foule restant massé derrière le podium de l’Avenue de la Grande Armée.

Sur la place, avec quelques autres confrères, j’ai eu vent du « gazage » de Christine BOUTIN,qui venait de se produire, puis assisté à celui ,sans aucune sommation, d’enfants, de personnes âgées, de manifestants qui, quelques instants auparavant discutaient paisiblement avec les forces de police. Pourtant, un CRS auquel j’avais posé la question aux alentours de 16h m’avait dit qu’il n’avait eu connaissance d‘aucun acte de violence de la part des manifestants.. 

Plus tard, j’ai un vu qu’un cordon de police venait de barrer la partie gauche (en venant de l’Etoile) de la rue de Tilsit: or des personnes cherchaient à quitter les lieux pour rentrer chez eux en traversant la place de l’Etoile: un passant m’a signalé que cela se passait mal et je me suis approchée avec deux confrères. En effet, ceux tentaient de franchir ce barrage en ont été empêchés de la manière la plus brutale par des policiers, certains en uniformes, d’autres en civil qui ne portaient qu’un brassard rouge avec l’inscription « POLICE ». J’ai vu une policière « gazer », sans aucune sommation, des gens à bout portant, les pousser violemment jusqu’à les faire tomber tandis qu’un de ses collègues à brassard rouge les frappait avec un bâton. 

Gazée à nouveau, je me suis interposée en disant à ces policiers qu’ils violaient les règles les plus élémentaires, en s’attaquant à des gens non violents qui ne cherchaient qu’à rentrer chez eux. Cela n’a servi à rien. Je suis donc allée prévenir des CRS alignés pour interdire de contourner l’Arc de Triomphe par la droite: ils ne m’ont d’abord pas crue, puis certains paraissaient génés, d’autres m’ont dit qu’il pouvait s’agir de « la milice de la mairie de Paris »! Je leur ai dit que je ne manquerai pas de témoigner de ce que j’avais vu.

Certes l’accès aux Champs Elysées avait été interdit, mais en pratique, celui à l’Etoile a été autorisé en milieu d’après midi parce que l’espace prescrit aux manifestants était notoirement insuffisant ce qui devenait dangereux pour eux. 

On avait le sentiment, peu avant la fin officielle de la manifestation, que les forces de police se préparaient à tendre un piège aux manifestants qui, ne pouvant accéder à l’avenue de la Grande Armée, ni même à l’Arc de Triomphe, s’étaient massés sur la partie des Champs entre le barrage de CRS de l’Etoile et le Rond Point, comme à ceux qui, sortant de l’avenue de la Grande Armée, seraient tentés de les rejoindre.

J’ai ensuite appris qu’en effet, nombreux sont ceux qui ont été gazés puis chargés sans sommation préalable, certains, matraqués, alors qu’assis, près du Rond Point, ils discutaient et chantaient. Pire, ils ont eu beaucoup de mal à s’échapper des Champs étant rappelé que la plupart des stations de métro proches demeuraient fermées et que la police barrait plusieurs rues adjacentes.

Comme tous mes confrères, professeurs de droit et magistrats présents, j’ai été choquée par les agissements des forces de police et parfois même de gendarmerie. Comme eux je pense que cette manifestation n’était pas souhaitée par le gouvernement qui a tout tenté pour la désorganiser, provoquer des actes rellement répréhensibles de la part des manifestants et ainsi les décrédibiliser. Or, je n’ai vu aucun manifestant attaquer physiquement les forces de police mais plutôt s’en défendre. Si les manifestants n’avaient pas été aussi corrects, les débordements auraient eu des conséquences nettement plus graves.

Pour résumer, j’ai assisté à un déni de démocratie, à la violation de règles élémentaires de notre droit, à des scènes choquantes. Quant à ceux qui trouvent choquants d’y avoir emmené des enfants, je rappelle qu’il s’agissait d’une manifestation de familles pour défendre LA famille : celle du 13 janvier s’était bien passée parce que le gouvernement avait autorisé une quasi libre circulation. Enfin, je n’ai eu vent d’aucun acte de vandalisme. »

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Béatrice Bourges une des organisatrice de la manif raconte :

« Je vais vous raconter ce dont j’ai été témoin : Compte tenu du nombre colossal de personnes venues manifester, en partie contre le déni de démocratie que nous subissons tous depuis des mois, l’avenue de la Grande Armée était tellement comble, que les forces de l’ordre ont ouvert des passages ce qui a permis à de nombreuses familles de se diriger tranquillement vers les Champs Elysées. Concernant l’avenue de la Grande Armée, le passage a également été ouvert, ce qui a permis en particulier à Henri Guaino de pouvoir passer. Je l’ai fait d’ailleurs avec lui. J’ai vu alors une foule colossale se diriger vers les Champs Elysées heureuse et arborant leurs drapeaux La manif pour tous. J’ai vu aussi les forces de l’ordre de plus en plus menaçantes et j’ai compris qu’un piège avait été tendu….

Je suis alors retournée vers la Grande Armée et c’est là que j’ai vu que les passages s’étaient refermés. Je suis d’abord restée sur la place Charles de Gaulle.J’ai vu les forces de l’ordre commencer à gazer, en particulier des enfants, dont un qui hurlait de douleur. Je suis ensuite allée aux Champs Elysées par des rues adjacentes encore ouvertes, car sentant venir ce qui aurait pu tourner au drame, je ne me sentais pas le cœur à chanter Edith Piaf …. Lorsque je suis arrivée, j’ai vu que des dizaines de milliers de personnes étaient rassemblées, beaucoup de religieux, d’enfants etc. De très nombreuses personnes m’ont remerciée d’être là, en me disant « Vous êtes la seule à être au milieu de nous« . J’ai vu le piège se refermer. Les forces de l’ordre ont été impressionnantes de violence. Une femme a été littéralement renversée par un camion de CRS alors qu’elle cherchait à récupérer son enfant. Inutile d’aller plus loin. Vous avez vu les images, y compris celle de Christine Boutin.

Lorsque j’ai continué à descendre les Champs Elysées et lorsque je suis arrivée presque au rond point, j’ai été accueillie par des acclamations. Les gens se sentaient complètement abandonnés et ils comptaient manifestement sur un porte parole de la manif pour tous pour les réconforter, ce que j’ai fait, au moyen d’un mégaphone. J’ai alors appelé à une résistance pacifique, en insistant bien sur ce dernier mot. Je peux vous assurer qu’ils attendaient quelque chose de fort. Ils étaient scandalisés par l’attitude des forces de police. Il a fallu maîtriser leur colère, ça n’a pas été facile, croyez moi et ils n’étaient pas près de quitter les lieux. J’ai vraiment été très inquiète. Je voyais les forces de police vouloir s’attaquer à ce dernier bastion. La tension était à son comble. Je suis allée auprès des CRS pour négocier et leur demander qu’ils ne chargent pas en leur promettant que j’allais faire le maximum pour les faire dégager. J’ai repris le mégaphone et ai appelé à la dispersion. Certains voulaient rester. On allait à la catastrophe. J’ai été poussée à partir mais je ne l’ai pas fait car je voulais continuer à convaincre de partir. Je suis passée dans la foule en continuant les appels. Les gens ont fini par me faire confiance et seuls quelques irréductibles, probablement extrémistes sont restés. Ils étaient si peu nombreux qu’ils ont fini par partir eux aussi. Nous sommes passés à deux doigts d’un vrai drame . »

 

Gazage d’enfants : un policier suspendu

« Hier sur l’avenue Foch, un policier a gazé un landau (vide grâce à Dieu, c’était le moment du biberon). Le père à donné un coup de tête au policier, puis a été placé en garde a vue et était présenté au tribunal ce matin.

Bilan: le policier a eu une double fracture du nez, fracture de l’arcade et explosion de la paumette … il sortait de 6 mois de mise à pied pour coups et blessures volontaires.

Le père a été déféré pour rébellion et agression d’un agent dépositaire de l’autorité publique. Il a plaidé la légitime défense et est finalement condamné à 1 mois de prison avec sursis … pour outrage et 1€ de dommages et intérêts.

Le CRS a été suspendu, enquête de l’IGPN en cours, il encourt la radiation sans préjudice des poursuites pénales à venir.« 

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Un des collaborateurs de Famille Chrétienne était présent à la Manif pour tous du 24 mars. Son fils a été hospitalisé après avoir reçu du gel lacrymogène dans les yeux, lancé à bout portant:

 » Vers 16 h 30, nous sommes en haut de l’avenue de la Grande-Armée, près de l’Étoile. Un appel sur le portable : « Votre fils est à la tente de sécurité de l’Ordre de Malte. Il a été touché par des gaz lacrymogènes. Il ne voit pas d’un œil. Un ophtalmo va venir. » Moment d’angoisse : mon fils de quatorze ans a un œil fragilisé depuis l’enfance à cause d’une blessure profonde. S’il ne voit plus de cet œil à cause du gaz, va-t-il le perdre ? Il fait la manif’ sans nous, avec son chef de patrouille scout. Est-ce qu’on n’aurait pas du leur dire de rester près de nous ? Je ne suis qu’à trente mètres des barrières qui empêchent l’accès à la place de l’Étoile. Mais dans la foule compacte, où l’on ne progresse que centimètre par centimètre, et où je dois changer plusieurs fois de direction à cause de mauvais renseignements, il me faudra près d’une heure pour arriver à la tente installée en haut de l’avenue Foch.

L’ophtalmo me salue : « Votre fils a été évacué par ambulance. Il doit être déjà à l’hôpital Necker. » Le temps de quitter la manif, avec ma femme et notre plus jeune enfant, et de rejoindre un métro, nous ne découvrons notre ado sur son lit d’hôpital qu’à 19 h 30. Pour l’interne, c’est sûr, les CRS n’ont pas utilisé du gaz mais du gel, qui peut être projeté beaucoup plus loin et qui adhère aux tissus. Cela se voit à la persistance du produit sur les vêtements de mon fils qui, encore deux heures après, faisaient à eux seuls tousser et suffoquer les soignants de l’hôpital.

J’interroge enfin mon fils pour savoir comment il a pu provoquer les CRS au point de les forcer à lancer du gel lacrymogène : « On ne les a pas provoqués du tout. On était contre les barrières en haut de l’avenue Foch. Certains criaient que c’était une honte de barrer les Champs-Élysées. Mais rien de plus. À un moment, les mouvements de foule derrière nous ont fait pousser un peu les barrières. Les CRS les ont alors très violemment repoussées. Nous sommes alors restés face à face avec eux pendant une demi-heure puis, tout à coup, en moins d’une seconde, un CRS nous a gazés, uniquement mon ami scout et moi, à bout portant. Cela s’est passé à une vitesse incroyable. Un photographe qui était là nous a pris et a laissé son numéro de téléphone. Tu l’appelleras, papa ? » Pas d’école pour mon fils, ce lundi. Et plusieurs jours de soin avant de recouvrer – espère-t-on – son œil. »

Témoignage d’un père de famille dont la fille a été aspergée de gaz lacrymogène :

« Extrêmement serrés sur l’avenue de la Grande Armée en raison de l’affluence des manifestants, nous avons décidé avec nos enfants de nous diriger vers l’avenue Foch. Avenue Foch, nous nous sommes dirigés vers les CRS afin de discuter avec eux de l’interdiction de manifester sur les Champs Elysées. J’ai alors perçu qu’un mouvement de quelques personnes souhaitait déplacer les barrières, sans violence cependant. Voyant les CRS sortir boucliers et matraques, j’ai vite emmené nos enfants a l’écart, remontant vite l’avenue.

Nous arrêtant pour parler avec d’autres familles, nous avons vu des membres de la sécurité de la LMPT nous enjoignant à partir encore plus loin, affirmant que les CRS avaient lâche les gaz. Courant dans la panique, avec l’effroi de perdre des enfants dans cette fuite, nous avons vite été rattrapés par les gaz, extrêmement irritants pour les yeux et le gorge. Mes petits, apeurés, hurlaient et pleuraient, se plaignant d’avoir mal au yeux. Nous avons vu beaucoup d’entraide entre manifestants dans ce climat d’insécurité provoque par les forces de l’ordre.

Emmenée au poste de secours avec les enfants, j’ai vu des personnes âgées atteintes ainsi qu’un enfant asthmatique qui était au plus mal. Comment qualifier un gouvernement qui donne l’ordre d’envoyer des gaz lacrymogènes sur des enfants, des personnes âgées, alors même que la situation ne le justifiait en aucun cas ? Dans quelle sorte d’État sommes-nous, dont le ministre de l’intérieur évoque pour toute réponse à cette répression policière d’une manifestation pacifique l’irresponsabilité des parents à emmener leurs enfants ?

Ma fille de 12 ans, très troublée, m’a affirme hier qu’il nous fallait quitter notre pays. Après lui avoir rétorqué qu’il n’etait pas souhaitable qu’on l’abandonne, celle-ci m’a renvoyé illico : « c’est lui qui nous abandonne. »

 

J’appelle la Présidence : « Ils sont fous, ils gazent la foule, il y a des familles avec des petits ». On me raccroche au nez.

Extrait d’un témoignage reçu d’un commando extrémiste présent à la manifestation :

« Nous étions partis de la gare de Méré (78) avec la panoplie du parfait casseur: sac à dos rempli de compotes et de chocos….gourde d’eau. Nous avons commencé à constituer un groupe factieux en rencontrant des amis de x et y à la gare. Constitution du dangereux commando: 2 grands pères, une grand mère, 2 papas, 2 mamans, 8 enfants. Cible du commando : le Macdo des Champs.

Sorties de métros donnant accès aux Champs toutes bouclées. Retour et sortie à Concorde.

Sur les Champs, des passants montent et descendent ….Paisiblement.

Première surprise : ceux qui ont un drapeau « manif pour tous  » se les font confisquer par la police!.. Un jeune nous dépasse, seul, avec un drapeau français à la main, direction car de police! Nous atteignons le Macdo sans encombre. Beaucoup de jeunes, de familles, et clientèle habituelle. Dans la queue des toilettes, lieu hautement stratégique, je rencontre une bordelaise qui a caché son drapeau rose dans son parapluie car elle s’en était fait confisquer un à Bordeaux où la police fouillait même les  sacs…..c’est donc une habitude?

Notre dangereux groupuscule, réprimant avec une maîtrise  remarquable son désir d’en découdre avec les forces de l’ordre, s’attarde, refait la queue pour acheter des macarons au coin pâtisserie du Macdo, et sort enfin vers 14h30.

Le cordon de sécurité qui entoure l’Etoile est extrêmement impressionnant….pour 100. 000 personnes annoncées par la Préfecture. On voit grand, très très grand. Nous interrogeons deux policiers débonnaires qui nous indiquent qu’il suffit de contourner la place pour rejoindre l’avenue de la Grande Armée. Nous trouverons sans difficultés des rues adjacentes ouvertes (…)

Nous venons d’apprendre que deux rues plus bas on pourrait passer. Ceux qui sont devant scandent  » les gendarmes avec nous »….

Une marseillaise est entonnée et brusquement, nous voyons des gens qui reculent…. Il y  a des cris , ça pique les yeux , la gorge, des petits enfants pleurent…..ils ont les yeux qui piquent!…Nous sommes stupéfiés , affolés, incrédules, sidérés, et prenons une rue adjacente. Nous interpellons des CRS.  » vous avez vu ce qu’ont fait vos collègues »…. »vous devenez fous »? Ils semblent eux mêmes sidérés et nous demandent si ce sont des gendarmes. Ils sortent gentiment des bombes pour soigner les yeux des enfants, les rassurent car les petits demandent si c’est dangereux pour la santé. Ils rassurent  » nous aussi on a été gazé parfois, ça va passer. …Ils nous souhaitent pour finir bon courage! Un caméraman passe, harnaché de matériel et nous lui demandons s’il n’est pas intéressant de filmer des policiers soignant des enfants. Il nous regarde avec un mélange de mépris et de haine….ce genre de victimes…non merci! 

  J’appelle la présidence de la République, à l’Elysée : … »Ils sont fous, ils gazent la foule, il y a des familles avec des petits.  » On me raccroche au nez !

 

Matthieu Castellano, partisan du mariage gay raconte la «violence gratuite» des CRS.

«Je travaillais, ce dimanche, dans mon bureau au coin des Champs-Élysées et de la rue Arsène-Houssaye, raconte Matthieu Castellano, un cadre de 31 ans, lorsque j’ai assisté à la première charge de la police. Je n’ai vu que des familles avec enfants, des retraités, même un ancien combattant, pas des casseurs! C’est pour cela que je suis descendu, outré par la violence des CRS. Je stationnais près de la boutique Mont-Blanc, prenant des photos, quand tout à coup toute la ligne des CRS a chargé, sans sommation, indique-t-il. Je suis incapable d’expliquer pourquoi. Je ne pense pas que les policiers se soient sentis en danger: quelques instants auparavant, l’un d’entre eux m’avait demandé l’heure! Moi, j’étais en costume, il n’y avait rien qui puisse les laisser penser que j’étais un casseur! J’ai tout de même été aspergé de gaz par un CRS qui était à 50 cm de moi! »

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Albéric Dumont, coordinateur général de la manifestation témoigne :

 

«Quand j’ai demandé à la Préfecture de police,“une fois que l’on aura rempli l’axe Grande-Armée jusqu’à la Défense, où va-t-on stocker les gens?”, un haut fonctionnaire m’a ri au nez, pariant même une caisse de champagne! Les lacunes du dispositif du ministère de l’Intérieur nous sont reprochées aujourd’hui: c’est extrêmement insultant!»

Message de La Manif Pour Tous, par mail, le 26/03/2013 :

Un immense bravo pour votre mobilisation ! Merci mille fois de vous être déplacés si nombreux, d’avoir enduré la fatigue de longs voyages et l’attente dans les avenues bondées.
Une nouvelle fois ceux qui essayaient de vous décourager et de faire taire votre voix se sont trompés. Ils annonçaient 100.000 manifestants. Mais cette fois personne ne peut nier que vous étiez 1.400.000 personnes ; les médias, les télévisions ont relayé partout les images extraordinaires de votre foule immense.

Vous n’êtes pas venus pour rien. Vous avez été plus calmes et plus dignes que ne l’est le pouvoir sourd, crispé et violent avec ceux qui sont pacifiques, ouverts au dialogue et respectueux des droits.
C’est votre détermination, celle du Peuple de France, qui fera plier le pouvoir.

Le ministère de l’intérieur a essayé de saboter notre rassemblement du 24 mars en nous obligeant à changer de parcours 3 jours avant. Mais grâce à une organisation exemplaire, des volontaires formidables et à votre calme tranquille, aucun heurt ni aucune dégradation n’ont eu lieu sur le parcours.

Pourtant en fin d’après-midi, en haut de l’avenue de la Grande Armée et de l’avenue Foch, à la limite de notre rassemblement, des manifestants pacifiques ont été victimes de jets à bout portant de gaz lacrymogènes de la part des forces de l’ordre. Ils n’ont épargné ni les enfants, ni les personnes âgées. Des élus et des journalistes ont aussi été touchés. Ils apportent tous un témoignage irréfutable.

Nous sommes très profondément choqués. Cette violence est totalement inqualifiable et injustifiable. Monsieur Manuel Valls en est pleinement responsable.

Nous pensons à tous ceux qui ont été touchés. Nous souhaitons les réconforter ; nous vous assurons de tout notre soutien. Vous avez montré beaucoup de courage, et nous vous promettons que ces agissements ne resterons pas impunis et que notre détermination ne faillira pas.

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Pour terminer, extrait du discours de François Hollande en 2006, lors des manifestations contre le CPE :

« Quand il y a des milliers et des milliers de citoyens, jeunes ou moins jeunes, quand toutes les organisations syndicales, représentées sans exception, quand de nombreuses associations d’étudiants et de parents d’élèves, sont aussi mobilisés, à quoi sert d’attendre la prochaine manifestation ? (… ) il suffirait d’un mot, un seul, que le pouvoir hésite à prononcer : l’abrogation. C’est un gros mot pour la droite. Mais quand on a fait une erreur, il faut savoir l’effacer« .

Nota bene : Jacques Chirac est revenu sur le CPE (contrat première embauche) et François Mitterrand a retiré le projet de loi sur l’école libre

20130326
Merci à tous et à toutes !

Un immense bravo pour votre mobilisation ! Merci mille fois de vous être déplacés si nombreux, d’avoir enduré la fatigue de longs voyages et l’attente dans les avenues bondées.
Une nouvelle fois ceux qui essayaient de vous décourager et de faire taire votre voix se sont trompés. Ils annonçaient 100.000 manifestants. Mais cette fois personne ne peut nier que vous étiez 1.400.000 personnes ; les médias, les télévisions ont relayé partout les images extraordinaires de votre foule immense.

Vous n’êtes pas venus pour rien. Vous avez été plus calmes et plus dignes que ne l’est le pouvoir sourd, crispé et violent avec ceux qui sont pacifiques, ouverts au dialogue et respectueux des droits.
C’est votre détermination, celle du Peuple de France, qui fera plier le pouvoir.

Le ministère de l’intérieur a essayé de saboter notre rassemblement du 24 mars en nous obligeant à changer de parcours 3 jours avant. Mais grâce à une organisation exemplaire, des volontaires formidables et à votre calme tranquille, aucun heurt ni aucune dégradation n’ont eu lieu sur le parcours.

Pourtant en fin d’après-midi, en haut de l’avenue de la Grande Armée et de l’avenue Foch, à la limite de notre rassemblement, des manifestants pacifiques ont été victimes de jets à bout portant de gaz lacrymogènes de la part des forces de l’ordre. Ils n’ont épargné ni les enfants, ni les personnes âgées. Des élus et des journalistes ont aussi été touchés. Ils apportent tous un témoignage irréfutable.

Nous sommes très profondément choqués. Cette violence est totalement inqualifiable et injustifiable. Monsieur Manuel Valls en est pleinement responsable.

Nous pensons à tous ceux qui ont été touchés. Nous souhaitons les réconforter ; nous vous assurons de tout notre soutien. Vous avez montré beaucoup de courage, et nous vous promettons que ces agissements ne resterons pas impunis et que notre détermination ne faillira pas.

Nous nous battrons tant que le Président n’aura pas retiré le projet de loi Taubira.

On ne lâche rien !!!

20130324
Témoignage
Bonsoir,J’étais à La Manif Pour Tous aujourd’hui. Je suis arrivé à 16h30 à l’Arche de la Défense et je suis descendu à pied jusqu’à l’Arc de Triomphe. Après la fin officielle de la manif à 18h00, j’ai suivi le flot des manifestants qui contournait les barrages de police dans les rues adjacentes à la place de l’Étoile et un peu plus bas que la place de l’Étoile, de l’autre côté, je suis arrivé sur l’avenue des Champs Elysées déjà envahie par des milliers de personnes qui descendaient cette avenue avec leurs pancartes et leurs drapeaux. Les gens criaient: « Les Champs à nous ! » « Hollande démission. » Ils chantaient La
Marseillaise. Je suis arrivé tranquillement à la place Franklin Roosevelt où il y avait un barrage de police. J’étais accompagné de trois autres personnes. De là, nous avons regagné le métro St-Philippe du Roule pour aller prendre le train à la gare de l’Est. De cette marche sur les Champs Elysées, les médias ne parlent pas. De la Seine à l’Arc de Triomphe, c’était noir de monde.
Je pense que nous étions au moins un million de personnes, à partir de ce que je connais des grands rassemblements auxquels j’ai déjà participer comme les JMJ.
Je peux dire que les gens sont vraiment très déterminés et qu’ils sont prêts à revenir manifester encore plus nombreux. L’autisme du gouvernement et le muselage des médias est pour moi une grave atteinte à la démocratie et à la liberté de réunion et d’expression.

P. Philippe Mazur.

20130324

 

IL n’est pas trop tard pour vous rendre à La Manif Pour Tous !

Ce dimanche 24 mars dès 14h :

une Grande Armée se lève

de l’Arche de la Fraternité à l’Arc de Triomphe !

La Manif Pour Tous appelle tous les français ce dimanche 24 mars à manifester massivement sur un axe unique et symbolique « Arche de la Défense, de la Fraternité – Arc de Triomphe », en passant par l’avenue Charles de Gaulle à Neuilly pour monter par la porte Maillot sur l’avenue de la Grande Armée et nous rassembler devant l’Arc de Triomphe où un podium géant sera dressé.

Tous ensemble nous y interpellerons le Président de la République pour qu’il retire le projet de loi sur le mariage et l’adoption pour tous et qu’il le soumette par référendum aux seuls décideurs légitimes : le peuple souverain. 

Ce rassemblement du plus grand nombre est aujourd’hui décisif pour faire échec à un projet qui bouleverse totalement la société en niant la parenté et la filiation naturelles et dont les conséquences économiques, sociales et éthiques seront inéluctables. Ce jour est historique pour stopper  l’invasion de l’idéologie du genre  et libérer la démocratie de la pensée unique.

Nous défendons les fondements de la civilisation : la filiation au travers du mariage entre un homme et une femme, et la démocratie à travers la liberté et la souveraineté du peuple !

Suite au meeting de Saint-Laurent du Var (06), Philippe Brillault, Maire du Chesnay et porte-parole de la Manif Pour Tous, livre quelques réflexions sur son blog.

 « S’il y a trois choses à retenir pour moi, parmi tout ce qu’ont dit les deux invités, c’est que:

1/ Le gouvernement est très mécontent de l’opposition au projet Taubira qui se manifeste dans la population (opposition d’une ampleur à laquelle il ne s’attendait pas), mais il est aussi très très inquiet de son impact sur l’avenir de cette loi. Il réalise que le prix à payer pour faire passer cette loi devient cher et que les obstacles s’accumulent (les problèmes juridiques qu’elle pose pour la filiation se font de plus en plus jour). Cela explique son acharnement à nous empêcher d’aller sur les Champs-Elysées, après avoir dicté sa décision au CESE. Nous sommes sur la ligne de crête. Autrement dit, c’est le moment où nous devons pousser au maximum pour faire basculer le projet du bon côté, à savoir celui de l’abandon. La manifestation du 24 mars sera donc décisive.

2/ Il y a une possibilité, certes pas la plus probable, pour que la loi ne soit pas votée par le Sénat. Mathématiquement, la majorité de gauche au Sénat n’est que de 6 voix. Or, il est très possible que quelques sénateurs de gauche ne votent pas pour le projet. Il est évident qu’une grande manifestation publique fera réfléchir certains sénateurs, de même qu’elle fera réfléchir certains élus locaux qui élisent les sénateurs. Hervé Mariton dit que si le Sénat rejette le projet Taubira, devant un tel camouflet, le gouvernement ne prendra pas la peine de renvoyer devant l’Assemblée Nationale une loi qui n’est pas essentielle pour le fonctionnement du pays. Ce sera donc l’abandon du projet. C’est une raison de plus pour manifester maintenant notre opposition et encourager ainsi le Sénat à rejeter le texte.

3/ Si la loi est votée au parlement, le Conseil Constitutionnel sera saisi par l’opposition parlementaire. Or Hervé Mariton nous a expliqué que, pour prendre une décision sur un sujet, le Conseil Constitutionnel prend en compte ce qui se dit dans le débat public à ce sujet. L’expression de l’opinion publique par une manifestation massive a une influence sur la réflexion au sein du conseil constitutionnel.
Pour résumer, il n’est aucunement trop tard pour manifester à Paris le 24 mars. Bien au contraire, c’est exactement le bon moment ! »

20130322

LaManifPourTous

Dimanche, manifestez votre présence

Attention, lisez bien ceci :Combien et où ? Pour y répondre nous allons utiliser ZoomZoomZen, une application mobile qui permettra notamment d’afficher le jour J, une carte géante montrant l’ensemble des e-manifestants !Comment faire ?1. Dès à présent : téléchargez ZoomZoomZen (iPhone ou Android) sur :
Google Play:
(si vous ne disposez pas de smartphone, allez directement à l’étape 3)2. L’outil est simple et intuitif, d’ici dimanche : familiarisez vous avec l’application et n’hésitez pas à consulter le site de l’éditeur: http://byjoul.com/ZZZ.html3. Dimanche à partir 0h30 cliquez sur le bouton ci-dessous avec votre smartphone ou votre ordinateur portable pour rejoindre l’événement :
Tenez vous prêts dimanche à partir 0h30, gardez cette page en mémoire dans vos favoris et diffusez la à tous vos amis, on va tous les rendre ZoomZoom !NB : Cette application nous permettra de montrer notre mobilisation de manière anonyme, si vous ne pouvez pas vous rendre à Paris, vous pourrez aussi e-manifester de chez vous !
20130322
Courrier d’un ancien parlementaire à un jeune député
« Cher Collègue,Dans votre dernier message, vous me demandez si les débats « sociétaux » auxquels j’ai participé dans ma carrière parlementaire, ont ressemblé à celui qui vient de se dérouler dans l’hémicycle. Je vous réponds que je leur vois moins de ressemblance que de continuité : selon moi, les discussions qui ont accompagné la légalisation de l’avortement, il y a presque quarante ans, l’institution du pacs en 1999 et l’ouverture du mariage aux homosexuels aujourd’hui, forment un seul et grand débat qui n’est d’ailleurs pas clos.Pour expliquer ma pensée, je crois utile de souligner d’abord quelques traits de la méthode par laquelle le gouvernement Ayrault a fait voter sa loi.L’ETONNANTE PRECIPITATION DU GOUVERNEMENTComme vous me le dites, la majorité de l’Assemblée n’a guère été appelée à réfléchir ; elle s’est laissé emporter par les envolées lyriques de la Garde des Sceaux. Le député rapporteur a rivalisé avec la ministre dans l’élan oratoire : « Il est venu, le temps de l’égalité ! » s’est-il écrié dans une formule qui résumait leur plaidoyer commun. En réalité, il est venu le temps où le mariage et la filiation sont redéfinis en fonction de l’homosexualité. Il en résulte un bouleversement de ces institutions multiséculaires. Voici un exemple : jusqu’à présent l’homme et la femme apportaient à l’enfant ce qu’il pouvait recevoir de plus précieux de l’un et de l’autre : la mère lui donnait la vie et le père son nom. Le don du nom était le signe de devoirs propres à l’homme. Il empêchait une exclusivité maternelle dont la science montre l’insuffisance pour la formation de la personnalité. Avec la loi Taubira, l’enfant se verra attribuer les deux noms par ordre alphabétique, sauf si les parents demandent expressément et par déclaration conjointe qu’il en soit autrement. Le nouveau système a été fait pour convenir aux « couples » homosexuels mais il brouille un repère simple et clair de filiation masculine pour tous les autres. Les relations de père à enfant, que l’on sait fragiles dans notre société, en seront davantage affaiblies.Si encore ce bouleversement était nécessaire pour satisfaire une part significative du peuple français ! Mais il n’en est rien. L’Espagne, qui nous a précédé dans la légalisation du « mariage homo », nous offre des statistiques instructives : passé un effet de mode qui a fait monter de tels mariages jusqu’à 2% du total, leur proportion est retombé à 0,1%. Il en va de même au Canada. Vous avez raison de vous demander pourquoi le parti au pouvoir s’acharne à remodeler l’institution familiale au profit d’une infime minorité dont le genre de vie est et restera réfractaire à la conjugalité.

Votre perplexité a été accrue par la précipitation du gouvernement dans cette affaire. Des dossiers graves et urgents réclamaient l’attention de l’Assemblée : l’équilibre du budget par exemple ou la montée du chômage. Aucune enquête d’opinion, aucun mouvement de rue n’appelaient les députés à voter, toutes autres affaires cessantes, l’ouverture du mariage aux homosexuels. Au contraire, l’imminence du débat a provoqué d’imposantes manifestations d’hostilité. Et, selon tous les sondages, ni François Hollande ni Jean-Marc Ayrault ni Christiane Taubira ni aucun responsable de la loi n’ont été récompensés de leurs efforts par la moindre poussée de popularité. Alors, quelle raison à cette hâte ?

Il faut expliquer pourquoi tant de risques ont été pris pour si peu de bénéfices visibles. Vos collègues du Palais Bourbon, qui ont cédé à l’exaltation du discours ministériel, ne se posent apparemment pas la question. Essayons de réfléchir plus qu’eux.

UNE IDEOLOGIE QUI VEUT DOMINER LA VIE DES COUPLES

Je pense que le but réel de la loi Taubira n’est pas l’émancipation des homosexuels mais l’accomplissement d’une idéologie. C’est vers cet accomplissement que convergent toutes nos lois « sociétales » depuis un demi-siècle. Pour le comprendre, il nous faut revenir à leur mère commune, la loi Neuwirth (1967).

A l’époque, les progrès rapides de la biologie ont conduit à un mode simple et efficace de contraception chimique. Le succès de la « pilule » fut immédiat : elle apparut à la quasi-totalité des couples comme l’instrument décisif qui leur permettrait de maîtriser leur fécondité. En elle-même leur aspiration était légitime. Le législateur ne pouvait y rester insensible. La loi Neuwirth est née de là. Mais la pilule et le stérilet ont apporté aussi avec eux un autre effet, sous-estimé jusqu’à aujourd’hui. En refoulant ou en contrariant les lois naturelles propres au corps, ils ont accrédité la croyance que ce dernier n’est qu’un outil à la disposition de l’esprit de chaque individu. Et les esprits, n’éprouvant plus les contraintes des corps, ont aspiré à une autonomie sans limite. La contraception chimique et mécanique, telle que les techniques l’ont façonné il y a un demi-siècle, a donc eu de grandes conséquences morales : c’est d’elle que vient la fragilité des couples contemporains, qui ne connaissent plus la solidarité croisée des corps et des esprits ; d’elle encore, l’indifférence aux lois du corps, qui se manifeste par exemple dans l’égalité exigée entre hétéro et homosexualité ; d’elle toujours, le refus de son propre corps, réclamé par ceux qui veulent changer de se.xe et, sous une forme différente, par les partisans de l’euthanasie ; d’elle enfin, cette aspiration à être soi contre la vie de son corps, dont témoigne le droit à l’avortement. L’euthanasie, l’avortement, l’homosexualité ont toujours existé. Mais c’est seulement dans le sillage de la contraception chimique qu’ils ont réclamé une reconnaissance positive.

Cette croyance est restée masquée pendant longtemps. A cause de son caractère presque invisible, les hommes politiques du dernier demi-siècle ont fait des lois dont ils n’ont pas compris, sur le moment, la vraie nature ni les véritables conséquences. Le gouvernement Pompidou pensait sincèrement, en 1967, que la pilule allait conduire à des « couples plus harmonieux » et des « familles plus heureuses ». Ses successeurs ont été interloqués par les statistiques qui ont enregistré la montée fulgurante des divorces et la multiplication des familles monoparentales. Simone Veil a été, à son tour, décontenancée par le flot qui a renversé les barrières fragiles qu’elle avait posées à l’interruption volontaire de grossesse. Lionel Jospin est encore ulcéré de constater qu’au rebours de ses prévisions, le Pacs, loin d’éteindre les demandes de mariage homosexuel, les a attisées. Dans les faits, la croyance qui se cachait derrière la « libération sexuelle » a imposé sa propre dynamique. Elle a débordé les calculs erronés et les promesses inconsidérées des gouvernants qui sous-estimaient sa puissance.

Nous n’avons plus l’excuse des hommes politiques du passé parce que l’expérience accumulée depuis cinquante-cinq ans parle suffisamment fort. Nous pouvons mesurer les conséquences des lois « sociétales » d’hier et donc deviner où nous conduisent celles d’aujourd’hui. Il n’est pas difficile de prévoir, par exemple, que la légalisation du mariage homosexuel annonce logiquement celles de la procréation médicalement assistée et de la gestation pour autrui. Les dénégations ministérielles ne peuvent plus être imputées à l’aveuglement. Elles relèvent du mensonge. Puis-je le prouver? Bien sûr. Si, pour faire passer sa loi, le gouvernement a pris tous les risques que nous avons relevés tout à l’heure, ce ne peut être que pour servir un impératif si fort qu’il lui a fait négliger les contingences. Et cet impératif est la croyance que je viens d’évoquer. Désormais elle se présente sans voiles. Elle domine même les idées de notre époque au point d’être devenue l’égale d’une foi religieuse. Elle proclame que l’humanité est proche d’une libération d’immense portée. Autrement dit, elle s’est transformée en idéologie. Le rapporteur de la loi Taubira, qui est un de ses fidèles, a expliqué son but quand il a affirmé que le jour venait où l’on pourrait « en finir avec la filiation biologique pour en venir à la filiation volontaire ». La gestation pour autrui sera un mode banal de procréation. Le corps sera enfin devenu un simple outil, reconnu comme tel par la loi : il pourra être vendu et acheté selon sa valeur marchande. Ce gouvernement sait où il va, contrairement aux précédents. Ses perspectives dépassent de loin son souci des homosexuels. Cherche-t-il d’ailleurs à savoir qui ils sont et ce dont ils ont vraiment besoin ? Il s’en fait une idée qui l’arrange. Il pousse en avant le maigre peloton de l’association LGBT (un peu plus de mille adhérents) dans sa bataille pour la « libération sexuelle ». Il ne s’intéresse pas à la réalité des « gays » et des lesbiennes, celle de personnes qui traînent douloureusement une blessure inguérissable.

Voyez comme le mariage est loin des préoccupations de nos dirigeants. Vous les avez entendus, dans leurs envolées oratoires, proclamer que la loi Taubira allait le « redynamiser » et lui « donner une nouvelle richesse ». Mais ils se gardent d’y conformer leurs vies privées. Le Président de la République, la plupart de ses ministres et la majorité des députés socialistes n’envisagent pas plus qu’avant, de se marier avec leurs concubines. La cohérence de leurs comportements personnels avec leur politique existe mais elle est à chercher bien au-delà.

SES CONSEQUENCES SOCIALES ET POLITIQUES

Traduit en projet politique, l’idéologie en question devient une lutte pour libérer le peuple français de conditionnements qui lui ont été imposés par la bourgeoisie ou le judéo-christianisme ou la tyrannie patriarcale ou les trois au nom de lois prétendument inscrites dans les corps. La gauche en fait sa nouvelle cause : elle est aujourd’hui presque unanime à estimer que la différence sexuelle est une fausse donnée, la distinction entre géniteurs et parents un progrès nécessaire, la libre disposition de son corps un droit fondamental jusque dans l’avortement et l’euthanasie ; elle s’enthousiasme pour le grand combat émancipateur que l’histoire lui confie. Il remplace la lutte des classes, qu’elle a dû abandonner après l’échec des projets marxistes.

Prenons garde, cher collègue, de sous-estimer les conséquences sociales et politiques de cette croyance devenue idéologie. J’en résume le danger en indiquant qu’elle attaque et affaiblit la solidarité dans notre société. La solidarité entre corps et esprits est la première atteinte. Les esprits, à leur tour, sont poussés à considérer comme primordiale une recherche de soi strictement individuelle et immédiate. La solidarité avec les autres leur paraît secondaire et confuse. C’est de cette source que coulent les comportements caractéristiques de notre époque : la préférence donnée à la consommation privée sur les investissements collectifs ; le fatalisme résigné face à d’insolentes inégalités de revenus ; le désintérêt pour la connaissance de l’histoire et la peur de l’avenir. Le citoyen que l’idéologie façonne peu à peu vit par lui et pour lui dans le présent. Pour le reste, il s’en remet à la tutelle de l’Etat.

C’est pourquoi l’Etat est obligé de courir à l’aide de toutes les victimes d’une solidarité sociale en régression. Des millions de familles monoparentales – c’est à dire des mères abandonnées avec leurs enfants jeunes – seraient dans une misère irrémédiable sans les allocations massives que les gouvernements leur prodiguent depuis trente ans. Des bataillons d’éducateurs, psychologues, psychothérapeutes, animateurs, juges pour enfants sont mobilisés pour socialiser les adolescents violents, drogués, délinquants, instables ou simplement en marge de la société, qui ont pour seul point commun d’avoir fui des familles artificielles ou éclatées. Il faudrait y ajouter les vieillards laissés à leur solitude pour lesquels il a fallu inventer l’APA et d’autres catégories encore. Cette action sociale coûte cher, si cher que le gouvernement actuel est devenu incapable d’augmenter ses dépenses au rythme des besoins. Il est obligé de faire des choix. Observez lesquels : il cherche à réduire les allocations attribuées aux familles mais il décide que les avortements seront désormais gratuits. Il révèle ainsi le projet politique qui l’anime. Soyez certain que la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui seront demain remboursées par la sécurité sociale. Il sera intéressant de savoir quelle dépense sera rognée en contrepartie.

A LA POUBELLE DE L’HISTOIRE ?

Le ministre de l’Education nationale a voué les opposants à la loi Taubira à la poubelle dans laquelle l’Histoire jette ceux qui s’opposent à la marche du progrès. Est-il conscient d’avoir repris une prédiction que les marxistes d’antan appliquaient à leurs adversaires ? Leur erreur aurait dû le rendre plus prudent. Plusieurs indices laissent penser que l’Histoire pourrait désavouer la prophétie ministérielle. Le projet politique qu’il partage avec François Hollande est de moins en moins accepté à mesure qu’il se réalise. Certes la contraception chimique a séduit l’écrasante majorité des couples. Mais c’est parce que son joug était le passage obligé vers un libre contrôle de leur fécondité. Quarante ans plus tard, le Pacs, présenté comme un grand pas vers la libération sexuelle, unit péniblement 3% de la génération des jeunes de 18 à 40 ans. La loi Taubira, qui se veut une étape majeure sur la même voie, dresse contre elle une hostilité massive. La dynamique qui conduit à la séparation totale entre corps et esprits, se heurte à une résistance de plus en plus forte.

Et puis cette idéologie et le projet politique qui l’accompagne reposent sur un socle fragile : la pilule, invention technique vieille d’un demi-siècle. Si demain, une autre invention technique, qui offrira aux couples une maîtrise efficace de leur fécondité sans enfreindre la loi naturelle des corps, devient disponible, le charme sera rompu. La séparation absolue de corps et de l’esprit apparaîtra comme une violence inadmissible faite à l’intégrité de la personne. C’est le projet soutenu par M. Peillon qui risque de finir dans la poubelle de l’Histoire.

Non, cher collègue, le débat commencé il y a plus d’un demi-siècle n’est pas clos. Vous et moi avons défendu la plénitude de l’homme et la dignité de l’Etat. Notre cause est la bonne. Elle l’emportera.

Michel Pinton
20130320
Bonjour,Le collectif local de la Manif pour tous 77 organise une grande soirée de témoignages, de réflexion et informations sur le projet de loi Taubira (touchant au mariage en supprimant la référence à la différence des sexes) avant la manifestation nationale du 24 mars à Paris :


Grande Réunion Publique,
Vendredi 22 mars, à 20h,
à la MAISON de l’ÉCONOMIE et de l’EMPLOI

Boulevard Jean Rose, à Meaux.


Avec la participation de :

  • Xavier Bongibault, président de Plus GAY sans mariage
  • Frigide Barjot, porte-parole du mouvement Manif pour Tous, et fondatrice du collectif Pour l’Humanité durable.
  • Camel Bechikh.Président des Musulmans de « Fils de France ».
  • Jean-François Copé, député-maire de Meaux
  • Lionel Lumbroso, membre de la Gauche pour le mariage, et fondateur de David et Eugena.
  • et d’autres personnalités.

Cette réunion sera l’occasion de s’informer sur la situation actuelle du projet de loi et de poser vos questions sur le sujet:

-Le projet de loi est-il vraiment respectueux des personnes homosexuelles comme on le prétend?
-N’enlève-t-il aucun droit à personne?
-Un enfant peut-il sans inconvénient ni injustice être adopté par des personnes de même sexe?
-Est-il trop tard pour agir ou bien est-ce maintenant le bon moment?

En espérant vous y retrouver chacun pour réfléchir avec vous à ces enjeux importants,

Cordialement,

 

Franck Bouvrain, Ludovic Coudert.


http://www.facebook.com/ManifPourTousSeineEtMarne
lamanifpourtous77@gmail.com

La Manif Pour Tous: Teaser 24 mars! http://www.lamanifpourtous.fr/toutes-les-actualites/60-surprise

 

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