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– Après la Manif pour tous

20130322

2013 03 22 Veillée de prière

20130201 – et après?

Nouvelles pour la suite des évènements concernant le Mariage Pour Tous.

J’étais, aujourd’hui, 27 janvier 2013, aux 1° Etats Généraux de l’Enfant organisés à Lyon par l’association Cosette et Gavroche (membre du collectif « la manif pour tous ». Cosette et Gavroche, créée par le Dr Raphaël Nogier et Bénédicte Louis contre le projet de loi Taubira, a été à l’origine d’une manifestation le 17 novembre 2012, initiative reprise et coordonnée partout en France par Frigide Barjot – une lyonnaise ! – et le collectif « la manif pour tous », avec sa suite du 13 janvier). Je vous dirai plus loin quelques mots de cette réunion qui a réuni, autour d’intervenants de qualité, près de 300 personnes tout au long de la journée.
Frigide Barjot nous a fait un compte rendu rapide du rendez vous à l’Elysée, ce vendredi, où elle s’est rendue avec, notamment, Laurence Tcheng (« la gauche pour le mariage républicain »). La conclusion : M. Hollande, qui s’est fait piégé par sa promesse électorale, ne cédera que sous la pression et en lui laissant une porte de sortie (dissocier une loi sur « l’union » des personnes de même sexe de la notion de mariage et de l’adoption qui conduit  inéluctablement à la PMA et à la GPA). Donc, poursuivre la mobilisation :

 – le samedi 2 février, manifestations devant toutes les préfectures des départements français. (Rassemblement à 15h00 devant la gare de Melun, pour le 77)
puis, une manifestation nationale à Paris le dimanche 7 avril, dans un lieu emblématique pouvant accueillir 2 000 000 de personnes, où il n’y a pas de pelouse … une grande avenue, quoi ! vous voyez ! Cela ne peut pas se faire plus tôt : il y a les vacances, puis les dimanches des Rameaux et de Pâques.

Ce ne sera pas trop tard : le projet de loi va passer à l’Assemblée Nationale à partir du 29 janvier (les députés sont prêts pour de longs débats, avec séances de nuit ; selon Michel Terrot, député UMP d’Oullins, et Philippe Cochet, député UMP de Caluire, avec qui j’ai discuté, le vote serait vers le 10 février au mieux) ; puis le Sénat s’en saisira, pas avant la fin février ; puis ce sera le retour à l’AN. Le vote final ne pourra pas avoir lieu avant fin mars. Ensuite, il faudra que le Président de la République promulgue la loi. Et là, on va gagner du temps : il y a, dans notre Constitution, une 3° assemblée, le Comité Economique, Social et Environnemental (le CESE dont le président est Jean-Paul Delevoye, UMP). Dès lors qu’il en est saisi, il doit donner son avis (consultatif) sur les impacts économiques, sociaux et environnementaux de tout projet de loi. Et la loi ne peut être promulguée par le Président qu’après que le CESE ait rendu son avis. Les avis du CESE ne sont rendus qu’après de nombreuses consultations et de longs mois (jusqu’à 18 mois/2 ans). Parmi les modalités de saisie du CESE : une demande d’avis signée par au moins 500 000 citoyens !

==> URGENT :
Imprimez le document (Cf. ci-dessous), complétez le et signez le ; puis l’envoyer par courrier timbré à : « La manif pour tous 15 rue Pottier 78150 Le Chesnay »

Vous pouvez le retrouver sur le site http://www.lamanifpourtous.fr/-Soutenir-les-petitions-

Le Maire du Chesnay, Philippe Brillault, un des porte-parole du collectif, mandaté dans le courrier, se chargera de porter l’ensemble au CESE.

– Le temps ainsi gagné va faire que le projet de loi Taubira sera « rattrapé » par le projet d’Etats généraux sur la famille : la porte de sortie pour Hollande !

Quelques mots sur la journée d’aujourd’hui, qui devrait se poursuivre et se démultiplier ailleurs en France :

– une journée de travail, sérieuse sans slogans ni anathèmes, abordant les vrais problèmes de fonds sous-tendus dans le projet de loi

– avec des intervenants de qualité, professionnels, pondérés dans tous leurs propos mais déterminés :

   * conférence introductive du père Jean-Marie Petitclerc, polytechnicien, prêtre salésien de Don Bosco, éducateur de jeunes en difficultés et fondateur du VALDOCCO (Argenteuil et Lyon) : passionnant

   * conférence de Bernard VERGELY, philosophe normalien (je vous avais déjà fait suivre un texte de lui) : remarquable

   * table ronde avec Isabel Santos Malsch, présidente de la Fédération du Rhône de Familles de France ; Nourdine Mlanao, sociologue, musulman, président du Conseil Supérieur de la Diversité ; Benoit de Saint-Sernin, porte-parole de l’association Les Adoptés (bordelais, lui même adopté) remarquable

   * Frigide Barjot, arrivée vers 14h30, est intervenue pendant 3/4 h. Vous pouvez en voir un extrait, très court et « choisi » par le média (extrait très réducteur !) sur : « france 3 en replay – 19/20 journal régional – Rhône-Alpes (c’est le n°17) » à la date du 26/01

   * puis 2 tables rondes avec des médecins, pédiatres, psychologue, philosophe, professionnels de l’enfance.

Toutes les interventions ont été enregistrées et mises sur CD en live (j’ai les 2 premières) et vont faire l’objet d’un « livre blanc » qui sera remis le 31 à tous les parlementaires. Elles doivent être mises en ligne d’ici lundi sur le site de Cosette et Gavroche (http://www.cosetteetgavroche.fr/)

Amitiés

Gilles

NB : Benoit de Saint-Sernin, qui, dans le civil, travaille dans l’intelligence économique et qui, par ses fonctions, est en relation constante et étroite avec la DGIS (ex Renseignements Généraux), a su par ses contacts que le chiffre « officiel » pour la DGIS du 13 janvier était de 1 200 000 et M. Hollande le sait. Le chiffre de 340 000 avait été arrêté avant la manifestation : les organisateurs espéraient au moins 500 000 personnes et avaient dit qu’à 800 000 ce serait un grand succès. Comme il ne fallait pas que ce le soit et que, traditionnellement, on multiplie par 2 les chiffres officiels annoncés : 340 000 x 2 cela fait moins que 800 000 !

Le 7 avril, le comptage sera minutieux : Frigide l’a promis !

 

20130131 – Le Comité National d’Ethique

Au cours de son entretien avec le président de l’Unaf (Union nationale des associations familiales), François Hollande aurait indiqué son intention de saisir le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) à propos de l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes. Si certains y voient un énième atermoiement de l’exécutif sur un sujet qui divise jusqu’au sein de la majorité, d’autres soupçonnent le chef de l’Etat et son gouvernement de vouloir gagner du temps pour faire voter, étape après étape, une réforme globale sur l’« homoparentalité ».

D’abord écarté du projet de loi sur le « mariage pour tous » présenté en novembre 2012, puis réintroduit par le biais d’un amendement des parlementaires socialistes au mois de décembre, le droit à la procréation pour les lesbiennes a de nouveau été retiré du texte début janvier en échange de la promesse gouvernementale de l’inclure dans une loi sur la famille annoncée pour le printemps.

Arrière-pensées politiques ?

Dernier rebondissement en date, François Hollande a donc annoncé le 25 janvier vouloir saisir le Comité consultatif national d’éthique sur l’aide à la procréation pour les lesbiennes. En fait, on apprenait que ses membres réunis en séance plénière avaient déjà décidé le 24 janvier de s’auto-saisir de la question générale de l’assistance médicale à la procréation, dont la thématique de son ouverture aux couples de femmes (La Croix, 28 janvier 2013). On ne voit pas très bien ce qu’ajoute la saisine de cet organe par le Président si ce n’est brouiller un peu plus les cartes sur un sujet où la majorité donne l’impression de naviguer à vue. Par cette initiative, François Hollande veut-il détourner les critiques qui fusent contre la « PMA homosexuelle », y compris dans son propre camp, en donnant l’illusion d’instaurer un début de débat, jusqu’ici inexistant ?

La loi dite sur la famille étant présentée en conseil des ministres le 27 mars, personne n’ignore qu’il sera impossible aux « sages » de rendre des recommandations dans un délai aussi bref comme en a d’ailleurs convenu le nouveau président du CCNE Jean-Claude Ameisen. Comment le gouvernement pourra-t-il prendre en considération l’avis de cette instance avant de rédiger son nouveau projet de loi si on n’accorde pas à ses membres un minimum de temps pour travailler ? Tout ceci montre une nouvelle fois la précipitation et l’amateurisme dont fait preuve sur ce dossier le couple exécutif.

Plusieurs observateurs – excessivement optimistes ? – estiment par ailleurs que l’avis qui en sortira a toutes les chances de s’opposer aux revendications procréatives homosexuelles. Ils avancent deux arguments en faveur de cette analyse.

PMA : GPA

Au nom des sacro-saints principes de non-discrimination et d’égalité des droits instrumentalisés par le pouvoir actuel pour justifier le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe, le CCNE ne peut ignorer que l’extension de la possibilité d’insémination artificielle avec sperme de donneur au sein des couples de femmes débouchera inévitablement sur la légalisation des mères porteuses pour le couples d’hommes selon l’équation PMA pour les lesbiennes = GPA pour les gays. Or, des mères porteuses, le CCNE a toujours affirmé n’en vouloir à aucun prix, refus réitéré dans un avis récent sur la GPA (Avis n. 110, avril 2010).

D’autre part, le Comité s’est déjà prononcé de manière très ferme contre l’accession de personnes homosexuelles à la PMA. C’était il y a moins de 10 ans : « La PMA a toujours été destinée à résoudre un problème de stérilité d’origine médicale et non à venir en aide à une préférence sexuelle ou à un choix de vie sexuelle. L’ouverture de la PMA à l’homoparentalité ouvrirait de fait ce recours à toute personne qui en exprimerait le désir (…). La médecine serait simplement convoquée pour satisfaire un droit individuel à l’enfant » (Avis n. 90, novembre 2005).

Ce qui était vrai en 2005 aurait-il changé en 2013 (le penser reviendrait à entériner une fois de plus l’idéologie du relativisme qui se donne le droit d’aménager l’éthique en fonction du pouvoir du plus fort) ? Le Comité national d’éthique aura-t-il le courage de reconduire sa position ? Dans cette éventualité, le gouvernement en tiendra-t-il compte ? Rien n’est moins sûr.

Pierre-Olivier Arduin,

responsable de la commission bioéthique de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon

20130131 – Pétition

Bonjour,

Voici une pétition visant à saisir le Conseil Économique, Social et Environnemental.

Pour mieux comprendre ce dont il s’agit, je vous invite à découvrir ICI ce qu’est le Conseil Économique, Social et Environnemental.

Si nous réunissons 500.000 signatures, une loi constitutionnelle de 2008 permet que le CESE soit saisit.
Cela peut ouvrir un débat de fond et éviter qu’il soit confisqué par les médias et les personnalités du show-biz.
Ouvrir réellement le débat permettra sans doute d’apaiser le climat social pesant.

N’oubliez pas d’inscrire votre adresse COMPLÈTE sur le formulaire, et de le faire signer autour de vous, par toutes les personnes majeures raisonnables, en imprimant quelques dizaines d’exemplaires supplémentaires et en les envoyant vous-mêmes à l’adresse indiquée.

Pour voir plus d’informations sur cette pétition: http://www.lamanifpourtous.fr

P. Philippe Mazur
Télécharger la pétition: petition_citoyenne[1] 
20120131 – La vérité pour tous

Thierry Jaccaud est le rédacteur en chef de la revue « L’Écologiste« , très lue dans les milieux écolos. Sur son blog, il a publié cet article. Comme quoi, on peut être écolo et ne pas suivre les EELV qui sont au gouvernement…

Le candidat Hollande promettait une « France apaisée » et l’arrêt des propositions « clivantes ». Mais le projet de loi de « mariage pour tous » déposé par le gouvernement fin 2012 a provoqué un profond clivage avec une redéfinition complète du mariage et de la filiation. En effet, contrairement aux Pays-Bas par exemple, le projet du gouvernement prévoit rien de moins que d’affirmer avec la force de la loi un mensonge sur la filiation.

Que disait la proposition 31 du candidat Hollande ? Dans son programme de 40 pages, cette proposition occupait à peine plus d’une ligne en seulement treize mots : « J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels. » Il ne s’agissait donc pas de modifier la définition ni du mariage ni de la filiation. Sans autre précision, on pouvait penser qu’il s’agissait comme aux Pays-Bas de créer un régime particulier du mariage comprenant notamment l’adoption simple par deux conjoints homosexuels, c’est-à-dire sans effacer la filiation biologique. Bref, cela aurait ajouté des droits à une petite minorité sans rien changer à ceux de l’immense majorité des couples. Cela aurait donné un cadre juridique à une situation de fait : des enfants élevés par deux conjoints homosexuels. Mais le projet de loi du gouvernement propose l’adoption plénière, c’est-à-dire la suppression légale de la filiation biologique réelle de l’enfant !

De plus, le projet de loi ne concerne pas seulement le mariage homo. Il prévoit un changement radical de la définition du mariage et de la filiation pour tous. En effet, au lieu de définir le cas particulier de l’union homosexuelle, le gouvernement a choisi de redéfinir le mariage en général, en supprimant dans le Code civil des centaines de références sexuées : au père et à la mère, à l’époux et à l’épouse… pour les remplacer par des termes neutres comme « parent ». Il resterait bien de façon isolée les mots « père » et « mère », dans le titre VII du Code civil concernant la filiation, où la filiation biologique deviendrait… un cas particulier ! Le cas général de la filiation serait alors une filiation choisie et non plus une filiation biologique. Si la loi devait ainsi supprimer les notions de père et de mère, ce serait selon les psychanalystes Monette Vacquin et Jean-Pierre Winter une violence destructrice des liens entre les hommes et entre les générations.

Dans le cas particulier des unions homosexuelles, un enfant pourrait alors avoir officiellement deux mères (et pas de père) ou deux pères (et pas de mère) : le discours légal contredirait alors la réalité de l’existence de deux parents biologiques de sexe différent. Le conjoint du parent biologique se verrait qualifié de « parent », ce qui serait également contraire à la réalité biologique. Ce serait un mensonge anthropologique officiel incroyable dont on imagine aisément les ravages sur les enfants. Encore une fois, cela ne figurait pas au programme de François Hollande. Le projet de loi du gouvernement affecterait en premier lieu les enfants de familles homoparentales, mais aussi tous les autres enfants puisque le gouvernement prévoit d’enseigner cette nouvelle définition du mariage dès la maternelle au nom de la lutte contre l’homophobie. Bref, toute la société serait touchée.

D’ores et déjà, le premier enfant né en France en 2013, à Moulins dans l’Allier, a été présenté sans aucun recul par la presse locale comme ayant « deux mamans ». Deux mensonges en deux mots : mensonge direct car seule l’une des femmes est sa mère, et mensonge indirect par omission du père qui a été délibérément effacé – il s’agit d’un donneur anonyme, ce qui est aujourd’hui illégal en France. Nul besoin d’avoir fait de longues études de psychologie pour comprendre que l’enfant demandera très tôt où est son père et qui est sa « vraie » mère. Faut-il donc rappeler avec Lacordaire qu’entre le faible et le fort, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui libère ? La loi qui organise la filiation biologique protège les enfants, elle doit être préservée !

Si le projet de loi devait être adopté, ce serait une négation sidérante de la nature, l’aboutissement consternant de notre société industrielle qui détruit la nature non seulement dans la réalité mais aussi dans les esprits. L’homme se prend pour un démiurge : nucléaire, OGM, nanotechnologies… sans jamais mettre la moindre limite à son action. « No limits », tel est le slogan des ultralibéraux qui définissent le nouveau politiquement correct. Dans la vaste entreprise de marchandisation du monde, toutes les règles sont ainsi progressivement éliminées. Que cette logique ultralibérale et ultraindividualiste se retrouve dans le projet de loi d’un gouvernement de gauche est affligeant.

Pourtant, il existe des solutions juridiques pour les couples homoparentaux, comme l’union civile avec un statut de beau-parent proposée par Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny. Ce nouveau statut aiderait non seulement les quelques milliers d’enfants vivant dans des familles homoparentales mais aussi le million d’enfants vivant dans des familles recomposées. La lutte contre l’homophobie est une évidence. Le respect de la vérité sur la filiation des enfants n’est-il pas également une évidence ?

Thierry Jaccaud,

rédacteur en chef de la revue “L’Ecologiste”,

publié sur son blog le 10 janvier 2013.

20130131 – L’avis d’une juriste

Aude Mirkovic est juriste, membre de l’association « Juristes pour l’enfance ». Elle vient de publier: « Mariage des personnes de même sexe, la controverse juridique » chez Pierre Tequi. L’interview qu’elle a donnée au journal Le Point est très intéressante. On peut la lire en cliquant sur ce lien:

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/laurence-neuer/mariage-pour-tous-le-veritable-enjeu-c-est-la-filiation-26-01-2013-1620553_56.php

20130127 – Analyse du projet de Loi

Pour comprendre ce qui est en jeu dans la loi sur le mariage pour tous, voici une conférence donnée en décembre dernier à l’union départementale des Associations Familiales du Rhône par Natalia Trouiller, journaliste:

http://www.nystagmus.me/article-conference-mariage-pour-tous-changements-pour-tous-114642569.html

 20130130 – Ce qui se trame en douce …

Madame Taubira ouvre la voie à la gestation pour autrui. Une circulaire de la garde des Sceaux vise à faciliter l’acquisition de la nationalité française pour les enfants nés de mère porteuse à l’étranger.

La gestation pour autrui (GPA), il ne fallait surtout pas en parler. Le gouvernement le martelait: la légalisation des mères porteuses ne fait pas partie du projet de loi Taubira. François Hollande le répétait: il y est fermement opposé. Mais au moment même où le chef de l’État laissait transparaître ses doutes sur la procréation médicalement assistée, vendredi dernier, en annonçant la saisine du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), la garde des Sceaux, Christiane Taubira, envoyait une circulaire aux juridictions, leur demandant de délivrer «des certificats de nationalité française (CNF)» aux enfants nés à l’étranger d’un père français et d’une mère porteuse.

En date du 25 janvier, avec «application immédiate», la circulaire recommande, «lorsqu’il apparaît avec suffisamment de vraisemblance qu’il a été fait recours à une convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui», de «veiller à ce qu’il soit fait droit» à de telles demandes, «dès lors que le lien de filiation avec un Français résulte d’un acte d’état civil étranger probant au regard de l’article 47 du Code civil».

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le calendrier est mal choisi… Alors que le débat s’est engagé mardi à l’Assemblée, cette décision surprise peut apparaître comme un début de marchandage entre le gouvernement et les Verts. Très en pointe sur la GPA, les écologistes comptent bien demander la retranscription au registre de l’État civil des actes de naissance des enfants concernés. Pour le député UMP du Pas-de-Calais Daniel Fasquelle, ce n’est qu’une nouvelle preuve du «double langage de Mme Taubira et du gouvernement». «Le gouvernement avance masqué depuis le départ!, s’insurge-t-il. Alors qu’il jure qu’il ne saurait être question d’accepter la PMA et la GPA, c’est tout l’inverse dans les faits…»

Professeur de droit, Daniel Fasquelle voit dans ce texte «une forme de légalisation, en douce, de la gestation pour autrui». «Des couples vont aller à l’étranger pratiquer la GPA, et conforter ensuite des situations qui en France sont illégales, explique-t-il. On ouvre la voie à bien d’autres dérives… Ce ne sont plus seulement les droits de l’enfant que l’on viole, mais aussi ceux de la personne humaine. Car la GPA est une forme de location du corps humain.»

Cette circulaire annonce-t-elle la fin de l’interdiction de la GPA? «C’est en tout cas une atteinte très claire au principe de prohibition des mères porteuses, affirme Clotilde Brunetti-Pons, maître de conférences à l’université de Reims (Marne), spécialiste en droit de la famille. La ministre de la Justice est en train de contourner la jurisprudence de la Cour de cassation du 6 avril 2011. Dans trois arrêts, celle-ci avait refusé que la filiation des enfants soit établie en France à l’égard des intéressés, et notamment du père biologique, parce qu’il y avait violation du principe d’ordre public prohibant la GPA. Normalement, le CNF intervient après transcription de la filiation à l’état civil français, donc après que la filiation est reconnue en droit français».

En la matière, la pratique de la Justice n’est pas forcément lisible. En février 2012, la cour d’appel de Rennes (Ille-et-Vilaine) avait validé la transcription à l’état civil français des actes de naissance de jumeaux nés en Inde en 2010 de mère porteuse pour un couple de Français. Selon Christiane Taubira, on compterait 38 cas d’enfants nés de père français et de mère porteuse à l’étranger ces quatre dernières années. Lors des débats en commission des lois du texte sur le mariage homosexuel, plusieurs députés PS, notamment le rapporteur du texte, Erwann Binet, ont plaidé pour une évolution, renvoyant au texte sur la famille promis par le gouvernement.

Au ministère de la Justice, on assure avec un certain embarras qu’il ne s’agit «en aucun cas d’une légalisation de la GPA». Une déclaration qui ne convainc pas la droite. «Il faut que les masques tombent!, s’emporte Daniel Fasquelle, qui compare le projet Taubira à une «vente à la découpe». On doit dès maintenant connaître les intentions réelles du gouvernement!»

20130126 – Pour la vérité !

Voici un lien pour signer une pétition pour que les vrais chiffres de la manif soient publiés et pour manifester votre attachement à la démocratie et à la vérité.

De la part de Laurent Michelin porte-parole du Collectif « Manif pour Tous »
20130125 – Mobilisation silencieuse

Une merveilleuse initiative et une video vraiment sympa !

« Il faut toujours prier comme si l’action était inutile et agir comme si la prière était insuffisante. »

Ste Thérère de Lisieux

Mobilisation silencieuse, vendredi 25 janvier 2013.

Face au projet de loi « Mariage pour tous », utilisons les armes du jeûne et de la prière pour la France et la Famille.

Initiative soutenue par le Cardinal Philippe Barbarin, Mgr Dominique Rey, Mgr Raymond Centène, par de nombreux monastères, communautés religieuses et prêtres.

Inscrivez-vous sans tarder sur http://www.tousenpriere.com
Regardez la vidéo: http://www.tousenpriere.com/la-video/


L’équipe de coordination de Tous en prière

tous en prière

Manif - 5-1
20130115
Le site de l’IGN est bien pratique : il permet de faire des calculs de surface !
En étant terriblement raisonnable et en prenant 1 personne par mètre carré et une surface minimale de ce qu’on voit sur la photo : 555.582 m2
Pour ceux qui étaient là, nous savons bien que nous étions serrés comme des sardines et que le flux de renouvellement était continu entre 17:00 et 19:30
Donc, oui, sans conteste, nous étions bien le million… au moins !
Manif - 1
PHOTO DE LA MANIF A DIFFUSER
La police et les médias annoncent 340 000 personnes…….le ridicule ne tue pas!
le champ de mars « plein » c’est déjà 700000 personnes minimum. Hors sur les photos où il fait jour, on sait que des gens n’avaient pas encore quitté leurs points de départ !!!!
le vrai chiffre s’approche de 1.3 millions, c’est le chiffre qui est avancé officieusement par les gendarmes et par les RG.
Mais bien sûr, ce chiffre qui apparait évident au simple vu des infos données et reçues et des photos aériennes ne sera jamais publié. Il faut le diffuser au max, le poster sur twitter, facebook accompagné de ces photos !!!
Ce qu’il faut savoir, c’est que le gouvernement CONNAIT pertinemment le chiffre réel de cette mobilisation, ils le savent (photo aérienne, nombre de bus stationnés partout dans Paris et aux portes de paris, chiffres de SNCF et cie)
Les médias vendus au gouvernement : c’est un vrai scandale défendons la liberté d’expression, la démocratie et surtout: la vérité, la vérité, c’est MAINTENANT
Manif - 2 Manif - 3 Manif - 4
 Philippe GOGUE-MEUNIER
Mon, 14 Jan 2013 17:27:26 +010

A faire transférer d’urgence et MASSIVEMENT!

C’est maintenant que tout se joue! –> Chiffres officieux de la gendarmerie (DGGN) : 1,3 million de Français dans les rues de Paris hier. Ça remonte le moral!

Source: un colonel de gendarmerie membre du CO de crise mis en œuvre pour l’événement.

Faites passer sur Twitter et les réseaux sociaux. Internet peut être plus fort que le journal de 20h. La vérité et la réalité doivent combattre le mensonge et le déni!

 Alexandre Joppé

20130113 – Il faut se méfier de la France bien élevée…

Tout le monde s’accorde à le dire, et même, du bout des lèvres, certains membres du gouvernement : la manif de ce 13 janvier est un immense, un inespéré succès.

Un succès d’autant plus grand qu’elle a fait descendre dans la rue la France des taiseux, la France qui ne fait pas de bruit, la France bien élevée qui ne veut pas déranger, celle qui bosse et paie sans moufeter ses impôts, celle qui n’a jamais commis plus gros délit que de dépasser le temps imparti par un horodateur, celle qui cède sa place dans les transports en commun et aide les vieilles dames à monter leurs bagages dans le train.

La France dont on ne parle pas au 20 heures, parce que ses enfants ne dealent pas, ne squattent pas, ne brûlent pas les voitures et ne cassent pas la gueule aux profs, la France qu’aucun gouvernement ne cherche à ménager tant on la sait docile, respectueuse des lois et de l’ordre établi. La gentille France familiale, catholique ou pas, qu’on prend quelquefois, il faut bien le dire, pour toutes ces raisons-là, au choix, pour une bonne poire ou pour une vache à lait.

Et c’est cette France-là qui est venue manifester en masse, avec ses poussettes surchargées, ses innombrables jeunes perchés sur les chars, ses enfants ravis pour une fois d’échapper aux devoirs du dimanche, cette France-là qui est venue protester, crier, tempêter : « François, ta loi on n’en veut pas ! », « Taubira, t’es foutue, les familles sont dans la rue !»

Fallait-il, pour que ces gens-là sortent de leurs gonds, que la cause les ait scandalisés, touchés, indignés.

Parmi eux, pas de professionnels de la manif, de vieux routards syndicalistes que l’on voit fondre sur Paris comme les oiseaux migrateurs dès que la saison des conflits sociaux arrive et qui, entre grèves et cortèges, vous bloquent et vous prennent en otage un pays. Si innocents, ces manifestants du dimanche, qu’il a fallu leur expliquer quelques vieilles ficelles : que, pour le comptage de la police, par exemple, il fallait se déployer sur tout le boulevard, et ne pas rester scotchés les uns aux autres, ou que malgré le nombre, il ne fallait pas céder à la tentation d’envahir le trottoir qui, lui, ne serait pas considéré comme « manifestant ».

Les CRS eux-mêmes, d’ailleurs, n’avaient pas leur tête tendue habituelle, conscients sans doute que gaz lacrymogènes et vitrines brisées étaient hautement improbables avec ces manifestants placides dont les longues heures d’attente à faire le pied de grue, non plus les affiches provocatrices sur les balcons ici et là n’arrivaient à entamer la bonne humeur. On vit même l’un d’eux sourire lorsqu’un appel au micro signala à quelques minutes d’intervalle la perte d’un iPhone, puis sa restitution. Dans une foule si compacte, un objet si prisé sagement rapporté aux objets trouvés, cela ne s’était jamais vu.

Pour être honnêtes, ces manifestants-là ne sont cependant pas complètement abrutis. Et quand ils entendent parler du chiffre officiel de 340 000 manifestants quand certains d’entre eux, pour avoir organisé les JMJ par exemple, savent pertinemment que le Champ de Mars, très vite saturé ce dimanche et dans lequel nombre de manifestants n’ont pu entrer, peut contenir plus de 800 000 personnes, ils sentent bien « comme une embrouille ».

Il faut se méfier de la France bien élevée et de son côté « diesel » : un peu longue à chauffer, mais lorsqu’elle est lancée, son moteur est increvable.

Et là, c’est le gouvernement qui risque bien d’en baver un peu.

Gabrielle Cluzel

Le  mariage gay ou la dictature de la confusion.

La question du mariage gay appelle dix remarques.

I) Il importe d’abord de distinguer la question de l’homosexualité de celle du mariage gay. L’homosexualité appartient à la sphère privée et renvoie à une histoire singulière. C’est ainsi, il y a des personnes dans la société dont la manière d’aimer consiste à aimer une personne du même sexe. Pourquoi en est-il ainsi ? Nous n’en savons rien et nous ne le saurons sans doute jamais, tant il y a de raisons possibles à cela. Toujours est-il qu’il s’agit là d’une réalité que la société se doit de respecter en offrant aux couples homosexuels une protection de leur vie privée au même titre que celle dont peut jouir chaque citoyen.

II) Le mariage gay relève en revanche d’une question qui regarde tout le monde, celui-ci étant appelé à bouleverser de manière irréversible la norme en vigueur en établissant une nouvelle norme en matière de famille, de filiation et de transmission, s’il vient à être adopté.

III) À l’origine, le mariage est une donnée naturelle. C’est ainsi, pour faire naître la vie un homme et une femme s’unissent et procréent un enfant. En établissant le mariage comme institution, la société a donné un cadre juridique à cette donnée naturelle afin de la protéger.

IV) Il s’avère qu’aujourd’hui le mariage, la filiation et la transmission ont changé de sens. La procréation n’est plus l’unique sens du mariage, le mariage-sentiment ayant tendance à l’emporter sur le mariage-procréation. De même, l’enfant n’a plus pour unique sens d’être le fruit de l’union d’un couple, le désir d’enfant introduisant des demandes d’enfants de la part de personnes seules ou des demandes d’adoption ou de procréation assistée de la part de couples stériles. 

V) La question qui se pose dès lors  et qui concerne tous les couples, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels, est celle de savoir si le sentiment doit devenir l’unique sens du mariage et si le désir d’enfant d’où qu’il vienne doit devenir la raison d’être de ce dernier. Elle est également le fait de savoir si ce qui se fait doit devenir la norme de ce qui est. 

Si tel est le cas, il faut savoir que rien ne va pouvoir s’opposer formellement  à ce qu’on lève désormais l’interdit de l’inceste au nom du droit de s’aimer pour tous. Le sentiment en dehors de toute donnée naturelle devenant la norme, au nom de l’amour un père pourra réclamer d’épouser sa fille voire son fils, une mère  son fils voire sa fille, une sœur son frère ou sa sœur, un frère sa sœur ou son frère.

Si tel est le cas, tout étant noyé dans l’amour érigé en droit au-dessus de toute réalité, plus personne ne sachant qui est qui, il y aura fatalement une crise d’identité et avec elle un problème psychique majeur. Les tendances psychotiques générées par l’individualisme hédoniste pour qui le réel n’existe pas et ne doit pas exister vont se renforcer. 

Un père étant aussi un amant et une mère une amante, il va devenir impossible de parler de père et de mère et donc de savoir qui a autorité pour élever des enfants. En ce sens, la famille va littéralement exploser.

 Enfin, l’interdit de l’inceste étant levé, c’est le sens même du devenir de l’être humain qui va être atteint, le sens de cet interdit  étant de rappeler aux êtres humains qu’ils sont faits pour devenir, en épousant, non seulement un autre hors de sa famille mais aussi de son sexe et non pour demeurer dans la même famille et le même sexe.

 En ce sens, le législateur qui va devoir se prononcer sur le mariage homosexuel a de lourdes responsabilités. S’il décide de faire du mariage une affaire de droit et de sentiment en dehors de toute donnée naturelle, il introduira dans la cité la ruine possible de l’identité psychique, de la famille ainsi que du devenir symbolique de l’être humain.

 VI) Au-delà de cette question qui concerne tout le monde, les hétérosexuels comme les homosexuels, la question du mariage gay pose un certain nombre de questions qu’il importe d’examiner avec attention, la principale d’entre elle étant celle du même. Au nom de l’égalité et du refus d’établir des discriminations, est-il possible d’établir une équivalence entre tous les couples ? Trois éléments  s’y opposent.

 VII)     En premier lieu, pour une simple question de réalité et de donnée objective, on ne peut pas mettre sur le même plan hétérosexualité et homosexualité, un homme et une femme n’étant pas la même chose que deux hommes et deux femmes. Les couples hétérosexuels ne sont pas des couples homosexuels ni les couples homosexuels des couples hétérosexuels. Établir une équivalence entre les deux revient à nier la réalité en opérant une grave confusion entre genre et pratique.

 Avant d’être une pratique, l’hétérosexualité est un genre et pas une pratique, alors que l’homosexualité est une pratique et non un genre. La preuve : pour être homosexuel, il faut d’abord être homme ou femme. Si demain, au nom de l’égalité, tout est mis sur le même plan, la pratique particulière dictant ses lois au genre, un processus dangereux va s’engager à savoir celui de la disparition à plus ou moins long terme de la différence sexuée. On va alors assister à un effet dictatorial. Pour que les homosexuels puissent exercer leur droit à l’égalité, l’humanité va être interdite de faire une différence entre homme et femme, voir dans l’hétérosexualité un fondement et non une pratique étant considéré comme une pratique discriminatoire. Une nouvelle humanité va voir alors le jour. Nous vivions jusqu’à présent dans un monde marqué par la différence. Nous allons connaître un monde nouveau fondé sur l’indifférenciation. Quand on sait que la différence est le propre du vivant et l’indifférencié le propre de la mort, un principe de mort va désormais servir de principe pour guider l’humanité.

 VIII)     La difficulté soulevée par l’équivalence décrétée entre tous les couples se retrouve au niveau des enfants. Comme il semble qu’on l’ait oublié, il importe de rappeler qu’un couple homosexuel ne peut pas avoir d’enfants. On peut le déplorer, mais c’est ainsi, deux hommes et deux femmes ne peuvent pas procréer. Ceci veut dire que, pour qu’il y ait procréation l’homme a besoin de la femme et la femme de l’homme.

 Les homosexuels réclament de pouvoir avoir un enfant. Ils se fondent pour cela sur le droit qui est accordé aux couples hétérosexuels d’adopter ou de procéder à une procréation médicalement assistée. Ils oublient ou font semblant d’oublier que ce n’est pas le droit qui les empêche d’avoir un enfant mais la Nature.

 Certes, un couple hétérosexuel peut adopter ou passer par la procréation assistée afin d’avoir un enfant. Il importe de souligner toutefois qu’un enfant adopté par un couple hétérosexuel n’a pas  et n’aura jamais le même sens qu’un enfant adopté par un couple homosexuel. Lorsqu’un couple hétérosexuel adopte un enfant, il le fait pour pallier un problème de stérilité. Lorsqu’un couple homosexuel veut adopter un enfant, il le fait pour contourner une impossibilité. Le registre symbolique n’est pas le même, vouloir contourner une impossibilité à l’aide d’une loi nous situant dans le domaine de la fiction prométhéenne et non plus dans celui de la réalité humaine.

 Jusqu’à présent, la rationalité de la société repose sur la notion de limite et avec elle sur l’idée que tout n’est pas possible. Tout ne se décrète pas. Tout ne se fabrique pas. Limite positive autant que protectrice, l’idée que tout ne se décrète pas nous préservant de la dictature du Droit et l’idée que tout ne se fabrique pas nous préservant de la dictature de la Science. Avec le mariage gay et l’ouverture à la possibilité pour couples gays de recourir à l’adoption ainsi qu’à la procréation médicalement assistée, il va en être autrement. L’idée que rien n’est impossible va voir le jour en enterrant la notion de limite. Voyant le jour, plus rien ne va nous protéger de la dictature du Droit et de l’idée que tout peut se décréter. Plus rien ne va nous protéger de la dictature de la Science et de l’idée que tout peut se fabriquer. On obéissait la Nature qui, comme le dit Montaigne, est « un doux guide ». Nous allons désormais obéir à la Science et au Droit. La Nature évitait que l’Homme n’obéisse à l’Homme.  Désormais, l’Homme va obéir à l’Homme sans que l’Homme n’obéisse à quoi que ce soit. Dostoïevski au 19e siècle comme Léo Strauss au 20e siècle voyaient dans le « Tout est possible » l’essence du nihilisme. Ils redoutaient comme Nietzsche que celui-ci n’envahisse l’Europe en ne se faisant aucune illusion cependant à ce sujet. Avec le mariage gay, l’adoption et la procréation assistée pour couples gays, le « Tout est possible » va devenir une réalité et, avec lui, le nihilisme sous la forme du triomphe sans partage de la Science, du Droit et de l’Homme.

 IX) Dans le même ordre d’idées, il importe de distinguer un enfant que l’on fait d’un enfant que l’on fait faire. Quand un couple fait un enfant, l’enfant est une personne. Le fait de faire un enfant se passant entre des personnes qui s’aiment et pour qui l’enfant n’est pas une marchandise ni l’objet d’un trafic. Quand on fait faire un enfant par un tiers, l’enfant n’est plus une personne, mais un objet voire une marchandise dans un trafic. Témoin le fait de louer le ventre d’une mère porteuse ou les services d’un géniteur.

 Lionel Jospin faisait remarquer qu’il n’y a pas un droit à l’enfant, mais un droit de l’enfant. Si le mariage gay avec procréation assistée est adopté, le droit de l’enfant va être sacrifié au profit du droit à l’enfant. Sous prétexte de donner un droit à l’enfant aux homosexuels, l’enfant considéré comme objet n’aura plus droit symboliquement au statut de personne. Alors que le monde des droits de l’homme s’efforce de lutter contre la réification de ce dernier, au nom du droit à l’enfant, on va réifier ce dernier.

 Il va y avoir en outre des questions pratiques à gérer. D’abord le coût. Pour qu’un couple d’hommes puisse avoir un enfant, il va falloir louer le ventre d’une mère porteuse. Ce qui n’est pas donné, le prix moyen se situant entre 80.000 et 100.000 euros. Comme les couples gays vont réclamer que la facture soit réglée par la Sécurité Sociale au nom du droit à l’enfant pour tous et de l’égalité, comment celle-ci va-t-elle faire pour faire face à cet afflux de dépenses au moment où son déficit se creuse ? Qui va payer et comment ?

 Par ailleurs, l’État prenant en charge les mères porteuses, il va falloir aller chercher celles-ci ou bien créer un service spécial. L’État se refuse à devenir un État proxénète en autorisant et en organisant le trafic du sexe de la femme. Pour que la procréation médicalement assistée puisse exister, il va falloir qu’il devienne quelque peu trafiquant et qu’il organise le trafic des ventres. Ce qui ne va pas être une mince affaire. Quand un couple ne sera pas content du bébé d’une mère porteuse et qu’il décidera de le rendre, que va-t-on faire ? Obliger le couple à garder l’enfant ? En faire un orphelin ? Payer la mère porteuse pour qu’elle le garde ? Et qui payera le psychiatre qui devra soigner  l’enfant ainsi ballotté et quelque peu perturbé ?

 X)        Ce problème rencontré dans le fait de faire faire un enfant va se retrouver avec celui de l’éduquer. Une chose est d’avoir un père et une mère, une autre d’avoir deux pères et deux mères. Obliger un enfant à naître et à grandir dans un couple homosexuel va se confondre avec le fait d’interdire à un enfant de savoir ce qu’est le fait d’avoir un père et une mère. A-t-on le droit d’enlever ce droit à un enfant ? Si tel est le cas, cela voudra dire que pour que les homosexuels aient droit à l’égalité les enfants des couples homosexuels seront condamnés à ne pas être des enfants comme les autres.

Certes, les orphelins n’ont pas leur père ou leur mère. Mais, il s’agit là d’un accident et non d’une décision. Avec le droit pour couples gays d’avoir un enfant, les orphelins ne seront pas le produit d’un accident de la vie mais d’une institutionnalisation délibérée. Ils seront obligés par la société de n’avoir soit pas de père, soit pas de mère.

À cette situation qui ne manquera pas de produire à un moment ou à un autre des mouvements de révolte s’adjoindra une autre difficulté. L’enfant de couples gays n’aura pas droit à une origine réelle, mais à une origine absente. À la case père ou mère il y aura un blanc. Ce qui n’est pas simple à porter. Qu’on le veuille ou non, l’enfant ne pourra pas ne pas se sentir coupable, la propension naturelle des enfants étant de se culpabiliser quand l’équilibre familial n’est plus respecté. 

 En conclusion, les partisans du mariage gay, de l’adoption et de la procréation médicalement assistée pour couples gays rêvent quand ils voient dans ce projet un progrès démocratique sans précédent. Ils croient que tout va bien se passer. Cela ne va pas bien se passer. Cela ne peut pas bien se passer pour la bonne raison que tout a un prix.

 Ne croyons pas que l’on va remettre la différence sexuée en voyant en elle une pratique parmi d’autres sans que cela ait des conséquences. N’imaginons pas que des enfants fabriqués, à qui l’on aura volé leur origine, seront sans réactions. Ne pensons pas que la disparition des notions de père et de mère au profit de termes comme parent I ou parent II permettront l’existence d’une humanité plus équilibrée et mieux dans sa peau.

 On prétend résoudre des problèmes par ce projet de loi. On ne va pas en résoudre. On va en créer. Le 20e siècle a connu la tragédie du totalitarisme et notamment du projet insensé de créer un homme nouveau à travers une race ou une classe. Ne cédons pas à la tentation de fabriquer un homme nouveau grâce à la Science et au Droit. Tout ne se décrète pas. Tout ne s’invente pas. Il existe des données naturelles de la famille. N’y touchons pas. Ne jouons pas avec le feu. Ne jouons pas à être des apprentis sorciers. Le Tao voit dans la complémentarité entre le féminin et le masculin une loi d’équilibre dynamique fondamentale de l’univers. Ne touchons pas à cette loi d’équilibre.

Nous avons tous des amis homosexuels que nous respectons, que nous estimons et que nous aimons. Qu’ils soient d’une profonde moralité, nous n’en doutons pas. Qu’ils soient capables d’élever un enfant, nous n’en doutons pas non plus. Qu’un enfant puisse être plus heureux dans un couple homosexuel que dans certains couples hétérosexuels, nous n’en doutons pas une fois encore. Que cela soit une raison pour légaliser le mariage gay et permettre l’adoption ou la procréation médicalement assistée pour couples gays, c’est là une erreur.

 Une chose est une loi, une autre est un cas particulier. On ne fait pas une loi avec des cas particuliers, mais à partir d’une règle tenant compte de tout ce qu’il y a derrière. S’agissant du mariage gay avec adoption et procréation médicalement assistée, il y a derrière une telle règle trop de choses dangereuses et graves pour que celle-ci puisse devenir une loi allant dans le sens des intérêts fondamentaux de l’être humain.

 La Gauche a le pouvoir à l’assemblée et peut décider de passer en force grâce au nombre de ses voix et ce afin de paraître de gauche. Elle peut choisir de préférer la Gauche à l’être humain. Elle s’honorera de choisir l’être humain plutôt que la Gauche, sachant qu’en servant l’être humain elle est sûre de servir ses propres intérêts alors que l’inverse n’est pas sûr. Tant il est vrai que l’on n’a jamais intérêt à scandaliser l’honnête homme en l’obligeant à devoir se soumettre par la contrainte à ce que sa raison répugne à accepter par respect pour la raison.

 Le mariage gay qui nous propose une grande noyade collective dans l’amour n’est pas raisonnable. La mise en question de la distinction entre homme femme ravalée au rang de pratique sexuelle n’est pas raisonnable. Vouloir avoir un enfant à tout prix en recourant soit à l’adoption, soit à un père donateur, soit à une mère porteuse n’est pas raisonnable. Ne plus parler de père et de mère mais de deux pères ou de deux mères n’est pas raisonnable. En un mot, bidouiller une famille grâce à un montage juridico-médical et appeler cela famille n’est pas raisonnable. Les mots ont du sens quand ils renvoient à une réalité. Quand ils ne sont plus que ce que l’on décide qu’ils doivent être, on n’est plus dans le domaine du sens, mais de la confusion. Le règne de la confusion, sa dictature et avec elle la confusion des esprits et des comportements, n’est-ce pas ce dont nous souffrons déjà et qui risque de nous engloutir ? Est-il besoin d’en rajouter ?

 

                                                                                           Bertrand VERGELY.

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